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Afghanistan, Libye, Côte d'Ivoire :Non aux interventions impérialistes de la France !Avec l'intervention de la force Licorne en Côte d'Ivoire, c'est le troisième front d'intervention impérialiste qui a été ouvert par Sarkozy. En fait, depuis des années, la France est présente en Afghanistan dans la force ISAF, sous commandement des USA. Depuis mars, la France est à l'initiative de l'intervention en Libye, avec une zone d'exclusion aérienne, des bombardements des forces des Kadhafi et une forte présence des navires militaires dans la région. Depuis quelques semaines, les opérations se sont accélérées aussi en Côte d'Ivoire, où la force « Licorne » a bombardé le quartier général de Gbagbo et a probablement aidé à son arrestation. Depuis, des patrouilles françaises sont à l'oeuvre à Abidjan pour le « maintien de l'ordre ». L'aéroport d'Abidjan a aussi été placé sous le contrôle des troupes françaises. Ces trois opérations ont été présentées et justifiées comme des missions « humanitaires ». En Afghanistan, il s'agirait de rétablir la démocratie et défendre le droit des femmes, menacées par les talibans. En Libye, de protéger la population civile contre les attaques de Kadhafi. En Côte d'Ivoire, de faire respecter un président élu démocratiquement et d'empêcher les exactions des forces de Gbagbo contre les civils. Dans tous les cas, il s'agit en réalité des mensonges éhontées. L'Afghanistan est aujourd'hui en main d'une poignée de seigneurs de la guerre, qui gouverne chacun sa province avec des méthodes criminelles. Ces chefs de bande se maintiennent au pouvoir par les armes, en rançonnant la population, en contrôlant les échanges et surtout la production et la vente de l'héroïne. Ahmid Karzaï, l'ami des occidentaux, n'est rien d'autre que l'homme de paille de ce cartel de trafiquants avides, corrompus et brutaux. Pour ce qui est du droit des femmes, selon le rapport des associations sur le terrain, la situation est aussi mauvaise voire pire que sous les talibans. Un nombre croissant de femmes sont vendues à leur futurs maris. 57 % d'entre elles ont moins de 16 ans et certaines à peine 8 ans. Après le mariage, ce sont des viols et l'esclavage qui les attendent. « Tu ne peux pas sortir ou aller voire ta famille, on t'a payé, alors maintenant il faut que tu travailles ». 60 % des mariages sont imposés. Les forces des pays impérialistes, dont 50 000 américains et plusieurs milliers de français, se comportent en véritables troupes d'occupations avec un nombre croissant de « bavures » et l'hostilité croissante de la population. Dans les dernières années, les impérialistes s'étaient rabibochés avec Kadhafi. Ainsi celui-ci avait été reçu avec toutes les honneurs à Rome et à Paris en visite officielle. En échange de cette réintégration dans la communauté internationale, Kadhafi s'était engagé à contrôler l'immigration vers les cotes européennes. Il avait par ailleurs maintenu ses promesses en créant plusieurs camps de détention. Les immigrés y recevaient un traitement inhumain, avec tortures, viols et toutes sortes de violences. A plusieurs reprises, les organisations humanitaires comme Human Rights Watch et même la Commission des Nations Unies pour les Réfugiés avaient tiré la sonnette d'alarme. Droits de l'homme ? Les gouvernants européens préféraient faire semblant de ne pas voir, et continuaient à vendre à Kadhafi les armes ... avec lesquelles aujourd'hui il bombarde les insurgés ! En Côté d'Ivoire, les forces françaises interviennent dans la guerre civile du côté d'Alassane Ouattara. Lié au clan de l'ancien homme fort de la Françafrique Houphouët-Boigny, dirigeant du FMI, premier ministre qui a appliqué au début des années 1990 une politique de rigueur budgétaire contre la population, Ouattara est clairement le candidat des impérialistes pour diriger le pays au service de leurs intérêts. Peu importe si ses milices se sont aussi livrés à des exactions contre la population civile. L'accélération des interventions françaises a pour but essentiel de protéger et développer la zone sous influence française en Afrique et dans le monde arabe. Il s'agit de contrôler économiquement et militairement certains pays pour pouvoir continuer à exploiter et piller leurs richesses naturelles (cacao en Côté d'Ivoire, pétrole en Libye, uranium au Niger etc) tout en y maintenant des forces prêtes à intervenir pour défendre les intérêts des multinationales. Ainsi le port d'Abidjan est dans l'escarcelle du groupe Bolloré (par ailleurs propriétaire du yacht où Sarkozy a passé des agréables vacances), Bouygues contrôle une bonne partie du BTP de la Côté d'Ivoire, le marché de la pharmacie étant lui sous la coupe de Pinault ... Dans ces pays, la France intervient pour mettre ou maintenir au pouvoir des dirigeants prêts à garantir les intérêts des ces grands groupes, en fermant un oeil, voire les deux sur le respect des droits de l'homme et sur la corruption généralisée et le pillage par ces élites des richesses du pays. Dans le contexte de la crise économique et des tensions avec l'Allemagne, Sarkozy veut aussi relancer la France comme le bras armé de l'UE, capable d'intervenir aux frontières de l'Europe avec ses forces (marine, aviation) et de se mettre à la tête des coalitions qui agissent sous le couvert de mandats internationaux (résolution ONU en Libye, UNUCI en Côté d'Ivoire). Ainsi la France réaffirme son rôle de puissance régionale capable d'instaurer l'ordre dans sa zone d'influence, en particulier dans la Méditerranée. Souvenons-nous de l'Union pour la Méditerranée qui représentait la volonté d'instaurer une zone économique sous l'influence de l'UE et en particulier de la France. Cette politique a un nom, c'est l'impérialisme. C'est lui qui empêche le développement économique de ces pays et pousse des milliers de travailleurs à l'émigration, par la misère, le chômage et souvent la négation des droits démocratiques et des guerres civiles. L'autre côté de cette politique est celui de l'oppression systématique des travailleurs immigrés dans les puissances impérialistes. Dans les derniers mois, Sarkozy s'est lancé dans une politique raciste encore plus poussée qui veut faire de l'immigration le bouc émissaire de la crise économique. D'où les propos du ministre Guéant sur l'immigration, « incontrôlée », la volonté de 28 000 expulsions en 2011, la réduction de 20 000 dans le nombre d'immigrés. Guéant et Sarkozy savent bien que les patrons français ont besoin des travailleurs immigrés pour faire tourner la machine économique. Il s'agit d'une force de travail soumise aux bon vouloir des patrons, maintenue dans la négation des droits le plus élémentaires, taillable et corvéable à merci. Au même temps, ces déclarations renforcent les préjugés racistes et servent à justifier les opérations impérialistes dans ces pays. Stigmatisation des immigrés et coups de forces dans les pays dominés sont les deux faces d'une même politique. Le mouvement ouvrier se doit de rejeter cette politique raciste et impérialiste qui vise à diviser la classe ouvrière et à l'attacher au giron du patronat et des intérêts des grandes multinationales. Nous devons exiger le retrait des troupes françaises de l'Afghanistan et d'Afrique et la fin des expéditions néo-coloniales. Nous devons aussi exiger l'ouverture des frontières pour accueillir tout ceux qui fuient les désastres économiques et politiques de l'impérialisme. Enfin, nous devons aussi exiger l'égalité des droits pour les immigrés, des papiers pour tous et la fin des discriminations au travail et dans la vie quotidienne. 15 avril 2011 Vous pouvez nous écrire à contact @ cinquiemeinternationale.org | |||||||||||||