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13 novembre 2000
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Non à lEurope des patrons !
Tous à Nice le 6-7 décembre !
Nous avons un mois pour nous mobiliser. Un mois pour sassurer que les manifestations contre le Sommet Européen de Nice au début de mois de décembre soient les plus impressionnantes possibles, voire quelles le fassent tourner court.
Le sommet de Nice constitue un moment essentiel dans la construction de lEurope impérialiste, pilier fondamental du nouvel ordre mondial et de son système économique, la mondialisation capitaliste.
Les capitalistes, eux, y seront représentés, à travers leurs gouvernements. Les travailleurs et les jeunes de toute lEurope doivent aussi y être, afin de défendre leurs intérêts et se mobiliser contre les attaques qui, cest sûr, pleuvront si nous ne faisons rien.
Les enjeux du sommet de Nice sont de quatre ordres et visent tous le renforcement de lEurope néo-libérale, nous donnant une vision claire de limpact de la mondialisation :
Ladoption dune "Charte des droits fondamentaux" qui se veut la base dune future constitution européenne et qui, si elle était mise en application, constituerait une grave attaque contre les acquis des travailleurs de toute lEurope. La charte donne en effet la priorité au droit à la propriété privée, alors quelle refuse le droit au travail ou au logement. A la place de ces derniers, on nous propose le droit à laide au travail ou au logement ! Même le "droit de grève" nest accordé que "conformément aux législations et pratiques nationales", ce qui veut dire que, par exemple, les lois antisyndicales britanniques resteront bien en place ! A limage de lEurope impérialiste quils sont en train de bâtir, les seuls véritables "droits fondamentaux" inscrits dans ce document sont ceux des possédants.
La mise en place des votes à la majorité qualifiée sur des questions sociales avec, en sourdine, une proposition par la présidence française de lUE dadapter les indemnisations chômage délivrées dans chaque pays à des directives produites par la Commission Européenne, composée de libéraux de choc.
La préparation de lélargissement de lEurope à lEst. Dici 2004, six nouveaux États devraient entrer dans lUnion (dont cinq dans lesquels le capitalisme vient dêtre restauré, comme la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque). Objectif pour les capitalistes : profiter de nouveaux marchés et dune main duvre bon marché, sans avoir à payer les mêmes droits sociaux.
La révision de larticle 133 du Traité dAmsterdam. Cette proposition, poussée par le Commissaire européen Pascal Lamy, montre très clairement les conséquences de la mondialisation : désormais, aucun Etat-membre naurait le droit de passer outre les accords signés par lUE avec les instances du capitalisme mondial, telles que lOMC.
Ceci impliquerait en particulier lacceptation de tous les pays de lEurope de la libéralisation et la privatisation des services, notamment dans les domaines de la santé et de léducation.
La mobilisation contre cette série dattaques va se faire en deux temps :
Dabord, le 6 décembre, la Confédération Européenne des Syndicats (CES), appuyée par la CGT, la CFDT, SUD, ATTAC etc, appellent à une grande manifestation ouvrière dans les rues de Nice afin de protester contre la Charte.
La CES veut en même temps appuyer ses propres amendements à cette Charte parce que, en bonne organisation réformiste, elle considère quil faut améliorer la Charte plutôt que sy opposer.
Ensuite, le 7 décembre, ATTAC et dautres organisations appellent à un contre-sommet, une mobilisation générale contre la réunion gouvernementale.
A lheure où nous écrivons, le type de rassemblement prévu nest pas tout à fait clair, surtout dans lhypothèse dun appel à bloquer le sommet.
Cette tactique, loin dêtre gauchiste ou sans espoir, a déjà montré quelle peut réussir, comme par exemple à la fondation de lOrganisation Mondiale du Commerce à Seattle il y a un an, ou encore à Prague en septembre.
Les travailleurs et les jeunes doivent aller nombreux à Nice. La mobilisation des syndicats et des militants antimondialisation offre la possibilité de corriger une faiblesse fondamentale des dernières mobilisations.
Comme la dit notre Déclaration de Prague, il faut "tourner le mouvement anticapitaliste vers la classe ouvrière et faire en sorte que le mouvement ouvrier redevienne anticapitaliste."
Pour ce faire, nous devons bien comprendre autour de quelles revendications il faut se mobiliser, et quelles méthodes nous devons employer.
Tout dabord, la voie de la réforme de la Charte des Droits Fondamentaux prônée par la CES et, dans un moindre mesure, par certaines organisations au sein du Collectif pour une Charte des Droits Fondamentaux (CCDF), qui milite pour ladoption dune véritable charte, doit être rejetée.
Nous ne pouvons pas réformer une charte dont le seul objectif est de défendre les intérêts des capitalistes. Le mouvement ouvrier européen doit écrire sa propre Constitution, véritable base dune future Europe des travailleurs. Mais pour que les travailleurs jouissent de leurs droits, il va falloir priver les patrons des leurs !
Toutes les discussions à Nice auront comme objectif la mise en place dune Europe libérale, complètement intégrée dans la toile des échanges commerciaux, de lexploitation et de la concurrence féroce qui constituent la mondialisation. Les travailleurs et les jeunes présents à Nice ne doivent pas sarrêter là.
Nous lançons un appel pour que le mouvement antimondialisation se structure à travers les différentes mobilisations prévues au calendrier. Ainsi, après Nice, toutes les forces participantes doivent se donner rendez-vous le 1er mai 2001 pour une journée mondiale daction contre le capitalisme, et un véritable programme alternatif, pour la construction dune Europe ouvrière et socialiste, doit être au cur des débats dans les rues de Nice !
Le 7 décembre les chefs des gouvernements de lEurope veulent adopter leur "Charte".
Contre les patrons et leurs émissaires gouvernementaux qui se coordonnent contre nous, il faut lancer la contre-offensive en luttant pour imposer notre vision de ce que doit être lEurope en matière des droits fondamentaux.
Ce dont nous avons besoin, cest de défendre toute une série de revendications essentielles dessinant un tout autre projet que celui de Jospin, Blair et Cie ; celui de lEurope des travailleurs, débarrassée de loppression et de lexploitation.
Pour un salaire minimum horaire européen de 10 Euros. Pour un revenu minimum pour les chômeurs et les retraités au 2/3 du salaire minimum. Salaire égal pour tous les travailleurs, hommes et femmes, immigrés ou non, jeune ou adulte.
Les mêmes droits légaux pour tous les salariés à léchelle continentale : protection contre les licenciements, congés payés, plein salaire lors darrêt maladie, congé maternité, retraites.
Pour un plan européen sous contrôle des travailleurs et des usagers afin daméliorer le transport, les services sociaux, la santé, léducation et la culture, et de restaurer lenvironnement.
Pleins droits civiques, économiques et sociaux pour la jeunesse. Aucun contrat précaire !
Pour une pleine égalité légale pour tous, hétéros et homos, y compris le droit dadoption.
Contre tout contrôle de limmigration. Plein accès aux allocations pour les immigrés, pleins droits de citoyenneté pour tous ceux qui vivent en Europe.
Abrogation de toutes les lois antisyndicales. Aucune limitation du droit de grève. Aucun préavis de grève. Plein droit dorganiser des grèves de solidarité. Plein droit de syndicalisation pour les travailleurs.
Fin du secret commercial et bureaucratique. Ouverture des comptes et des fichiers informatiques des banques, des entreprises, de lÉtat et de la bureaucratie européenne pour inspection par les travailleurs et la population.
Abolition de la Commission européenne non-élue, de la Banque centrale européenne, de la Cour de justice européenne, des monarchies dEurope, des présidences et des Sénats.
Élection dune Assemblée constituante souveraine européenne, par tous les résidents de lUnion âgés dau moins 16 ans. A bas les traités de Rome, Maastricht et Amsterdam qui incarnent le pouvoir du capital.
Aucun parlement bourgeois ne peut prendre de mesures efficaces pour exproprier les exploiteurs ou pour détruire les forces armées qui défendent les possédants.
Seule une révolution peut créer le pouvoir de la classe ouvrière européenne à travers des organisations basées sur des délégués élus directement des entreprises et des quartiers et défendues par la population en armes.
Pour les États-Unis Socialistes dEurope luttant pour la révolution mondiale !
Pour plus dinformations :
www.euromarches.org
www.destroyimf.org
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