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11 décembre 2000
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Tous unis contre Lever !

Le capitalisme mondial continue de faire des ravages dans le Nord de la France. Au cours de ces derniers mois, les entreprises Unilever, Alstom, Bénédicta et Case N.H ont annoncé des fermetures de sites et plusieurs centaines de suppressions d’emplois, dans une région déjà très sinistrée par le chômage.

Depuis le mois de juin, les travailleurs d’Unilever s’organisent contre le plan social annoncé par leur direction. Alors qu’elle affiche plus de 17 milliards de bénéfices, la multinationale - spécialisée entre autres dans la fabrication de lessive - a décidé de supprimer 25 000 emplois dans le monde, dont 12 500 en Europe et donc de fermer le site d’Haubourdin. L’objectif principal de cette mesure : augmenter encore plus la marge de profits de l’entreprise, ce qui permet d’escompter une hausse du cours des actions d’Unilever... bref tout bénef pour les principaux actionnaires !

Se sentant sans doute impuissants face à la décision lointaine et soudaine de fermer leur usine, les travailleurs d’Unilever cherchent avant toute chose à négocier au mieux leur licenciement : ils revendiquent la préretraite pour les plus de 50 ans et un million de francs d’indemnité pour les autres.

Les travailleurs n’ont jamais réellement fait grève mais ils ont imposé aux cadres leur rythme de travail, faisant diminuer ainsi la production de moitié. Ils ont manifesté à plusieurs reprises : dans les rues d’Haubourdin, de Lille, sous les fenêtres de Pierre Mauroy et Martine Aubry, au siège du groupe à Levallois-Perret. Une centaine d’entre-eux ont manifesté devant le siège de Lever-Europe à Waterloo (Belgique), où ils ont été d’ailleurs matraqués par la police. Ils ont cherché à nouer des liens avec les travailleurs de la région victimes eux aussi de plans sociaux. Ils ont enfin voulu médiatiser leur lutte auprès de l’opinion publique en retirant des rayons de quelques grandes surfaces locales les produits de la marque Unilever.

Mais ils n’ont réussi à faire reculer leur direction que sur les délais d’application du plan social. Or, avec ou sans le site d’Haubourdin le trust Unilever continue à faire des bénéfices, à accumuler les profits. Cette petite concession ne lui coûte rien. Et nul doute que la direction nationale espère ainsi que la mobilisation faiblira avec le temps.

Pour obtenir gain de cause, les travailleurs d’Unilever n’ont en tout cas rien à attendre du gouvernement. Pas plus que Mauroy ou Aubry, Jospin et Cie n’ont la volonté de s’opposer aux attaques actuellement menées par bon nombre de directions patronales. Cette gauche qui se veut plurielle est plutôt monolithique quand il s’agit de choisir son camp entre les profits des capitalistes et les conditions de travail de la classe ouvrière. Il suffit par exemple de voir Gayssot mener à bon train la privatisation rampante de la SNCF pour en être convaincu !

Il est particulièrement important de ne pas cantonner la lutte aux frontières du Nord-Pas-de-Calais, ni même de l’Hexagone. Les salariés d’Unilever ne pourront faire capituler le géant capitaliste qui les emploie que s’ils prennent contact au niveau international avec tous les travailleurs du groupe, ceux concernés par les suppressions d’emplois mais aussi ceux des autres branches.

Mais pour gagner il est essentiel que le mouvement soit réellement contrôlé par la base, que cette dernière se dote de ses propres organes de lutte. C’est la seule manière de s’organiser efficacement et démocratiquement, et le meilleur moyen pour construire une lutte massive à l’échelle de l’entreprise toute entière. Des délégués, élus et révocables, doivent être systématiquement envoyés dans toutes les usines, pour coordonner à l’échelle internationale la grève générale illimitée et l’occupation de tous les sites.

Les capitalistes, eux, n’hésitent pas à s’organiser au niveau mondial pour imposer aux travailleurs leur diktat néo-libéral. Ils ont leur Banque Mondiale, leur Fonds Monétaire International et leur Organisation Mondiale du Commerce.

De leur côté, les patrons européens, à travers leurs gouvernements respectifs, s’apprêtent à parfaire sous le soleil de Nice la construction d’une Europe capable de concurrencer leurs rivaux américains et asiatiques. Bien sûr, la construction de cette Europe là nécessite la remise en cause des acquis sociaux des travailleurs.

L’exemple d’Unilever nous montre qu’il est plus qu’urgent que les travailleurs, eux aussi, aient leur organisation internationale capable de préparer non seulement la riposte ouvrière contre les attaques tous azimuts du capitalisme mondial mais aussi le renversement par l’action révolutionnaire des masses de ce système basé sur l’exploitation et la misère.


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