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21 janvier 2001
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Danger : patronat à l’offensive !
Tous dans la rue le 25 janvier !

En l’absence de représentants politiques directs quelque peu convaincants, les patrons français ont choisi de mener la lutte des classes directement. Leur objectif est simple, et n’en est pas des moindres.

En prônant une "refondation sociale" , le Baron Sellière, patron des patrons au sein du MEDEF, veut changer la base des rapports de classe qui existent depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale : sécurité sociale, assurance chômage, retraites, négociation collective, code du travail.

D’abord le MEDEF à lancé son Plan d’Aide au Retour à l’Emploi (PARE). Avec l’accord de la CFDT et du gouvernement, ils ont imposé ce système qui obligera les chômeurs à accepter n’importe quel emploi qui leur est proposé, sous peine de perdre leur indemnisation.

Dans l’absence d’une riposte de la part du mouvement ouvrier, et avec la complaisance de la gauche plurielle, le MEDEF veut mordre encore plus profondément : les retraites. Ainsi il a mis les syndicats devant un ultimatum - accepter son plan de réorganisation ou il ne fera plus financer l’ASF, l’organisme qui prend en charge le paiement des retraites complémentaires pour les salariés partant en retraite à soixante ans.

Que prévoit donc le projet ? D’une part l’allongement progressif de la durée de cotisations de 40 à 45 ans, d’autre part le principe de la "neutralité actuarielle" : calculer les retraites en tenant compte de l’âge et de la durée de cotisation d’un côté, du "taux de mortalité prospective" de l’autre.

En d’autres termes, selon un calcul plutôt macabre de l’accroissement de l’espérance de vie, le patronat veut réduire le montant des retraites en conséquence ou bien allonger la durée de cotisation.

Peu importe si beaucoup de travailleurs, surtout dans les secteurs où les conditions de travail sont pénibles, risquent de ne jamais arriver aux 45 ans de cotisation requis, ou que les retraites recalculées seront insuffisantes pour vivre correctement.

C’est sur cette dernière éventualité que mise le patronat : dans ce cas, beaucoup de salariés seront obligés de compléter leur retraite par des fonds de pensions privés, représentant une mirobolante masse d’argent avec laquelle les patrons pourront spéculer aisément et se tailler des marges de profits confortables.

Mondialisation

En prétextant les impératifs de la mondialisation et la compétition accrue, le patronat veut en fait imposer le système du "tout marché" qui domine par exemple aux USA.

Là bas, de l’école à la santé en passant par la retraite, tout est marchandise qui s’achète aux frais des travailleurs et au prix fort. L’important est que le patronat peut ainsi payer moins cher sa main d’oeuvre en réduisant substantiellement ses cotisations et en dégageant des profits importants.

Au moment du PARE, MEDEF et gouvernement ont tiré profit des divisions syndicales, en particulier entre la CFDT, qui appuyait l’attaque patronale, et la CGT qui s’est opposée sans trop se bouger.

Le MEDEF a pu se prétendre consensuel en s’alliant avec la CFDT, alors que dans un premier temps le gouvernement a feint d’accepter la position de la CGT en refusant de signer l’accord, pour ensuite le parapher, malgré l’absence de changement majeur.

Quant à la CGT et à FO, qui sur le fond se sont toujours opposés au PARE, force est de constater que leur opposition a été particulièrement insignifiante.

Leur politique consistant à s’appuyer sur le gouvernement n’a pas changé la donne et l’effort de mobilisation en novembre des salariés, appelés à jouer le rôle d’armée d’opérette dans cette mascarade, a été honteusement faible.

Aujourd’hui, ces mêmes syndicats se disent prêts à mobiliser les travailleurs et d’importantes manifestations unitaires sont prévues pour le 25 janvier.

Encore une fois la perspective proposée est celle qui arrange les bureaucrates syndicaux : on fait défiler les travailleurs pour construire un rapport de force avec le patronat, ensuite on arrête tout pour négocier tranquillement dans les salons feutrés du MEDEF.

Ces méthodes peuvent réussir à reporter certaines attaques mais en choisissant leur train-train réformiste face à un patronat qui a sorti la machette, les dirigeants syndicaux ne font que préparer nos prochaines défaites. Toute leur optique est liée au mieux à la simple défense des institutions qui ont caractérisé un demi siècle de réformisme en France (le paritarisme, la Sécu, etc.).

S’il est nécessaire de défendre ces acquis pour les travailleurs, ces institutions ont aussi été l’instrument puissant pour maintenir la paix sociale et garantir que le pouvoir se trouve toujours du côté des patrons : pouvoir d’embaucher et de licencier, pouvoir de réprimer les travailleurs qui s’organisent, pouvoir finalement de s’approprier les produits du travail.

Ce qu’il nous faut aujourd’hui c’est stopper l’attaque du patronat et nous préparer pour les prochaines batailles qui se profilent.

Riposte

La grogne contre l’arrogance du baron Seillière et de sa bande, les inquiétudes des travailleurs sur les retraites, doivent nous permettre de construire une riposte unitaire, imposée et contrôlée par la base.

Ce qu’il nous faut c’est appuyer les prochaines journées de mobilisation pour construire un tel mouvement.

Et si on réussit la mobilisation pour mettre en échec les plans du patronat pourquoi nous arrêter là et ne pas mettre en avant des revendications offensives pour imposer notre refondation sociale, une refondation ouvrière ?

En nous organisant autour d’un programme d’action, avec pour objectif non seulement la défense des acquis actuels mais l’obtention de nouvelles avancées sociales, fondamentales et durables, en nous forgeant une nouvelle direction et parti révolutionnaires, alors nous pouvons mettre fin aux rêves réactionnaires de Seillière, à la complicité de Jospin et du gouvernement et à la lâcheté de tous nos dirigeants syndicaux !


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