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4 février 2001
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Tous ensemble, public et privé !

La cagnotte de Bercy est pleine mais le gouvernement ne propose aux travailleurs du public qu’une augmentation minable de 0,5 % et refuse de leur donner ce qui pourtant ne ferait que compenser l’inflation. Il montre ainsi le mauvais exemple au patronat qui sans doute ne concédera pas plus en terme de salaires au moment des négociations dans le privé.

En effet, l’échec des négociations salariales chez les fonctionnaires fait écho à l’offensive du MEDEF contre les retraites du secteur privé ainsi qu’à l’annonce de plans de restructuration dans plusieurs grandes entreprises comme par exemple chez Danone avec 1700 licenciements en France ou chez Usinor. Et tout ça à un moment où le gouvernement n’arrête pas de se féliciter de la bonne santé de l’économie !

Où est la logique ? En fait, elle est assez simple.

Le gouvernement, composé de partis qui, pourtant, se disent proches des travailleurs, ne fait que faciliter l’offensive du patronat. Les 35 heures, qui auraient dû constituer un acquis, ont ainsi permis d’introduire la flexibilité dans les entreprises au détriment des salariés.

Et le patronat en profite pour demander toujours plus : plus de profits, moins de prélèvements. Par exemple, un grand groupe comme Danone, qui pourtant fait sa pub sur des questions de respect de l’Homme et d’écologie, montre la logique de toute multinationale : faire du profit, exploiter ses travailleurs en faisant jouer la concurrence entre ses différentes usines, en France et ailleurs, et ensuite les mettre au chômage tout en continuant à engranger des profits.

Toutefois, cette accumulation d’attaques doit montrer les possibilités d’une riposte commune.

Les 300 000 manifestants du 25 janvier et la grève des fonctionnaires du 30 janvier doivent constituer le point de départ pour construire un mouvement d’ensemble des travailleurs afin de repousser les attaques et imposer nos revendications.

La présence des fonctionnaires aux manifestations du privé le 25 était un signe de l’impact possible d’un véritable mouvement de toute la classe ouvrière. Actuellement, un tel mouvement peut se construire autour de trois axes :
• Augmentation de 1500 F net par mois pour tous les travailleurs !
• 35 ans de cotisations-retraite pour tous, public et privé !
• Non à tout licenciement ou perte de poste !

Pour construire un tel front, il faut faire face à la politique du gouvernement et à celle du patronat.

Le gouvernement veut poursuivre sa politique néo-libérale de privatisations et de restrictions des dépenses de l’Etat, le tout emballé dans un semblant de "social" afin de ne pas froisser une partie de son électorat en vue de 2002.

Et pour sa part, c’est carrément les acquis de l’après-guerre que le patronat veut détruire à travers sa "refondation" sociale à la sauce néo-libérale, que le baron Seillière juge indispensable pour continuer à assurer des profits maximum. Sécurité sociale, assurance chômage, retraites, négociation collective, code du travail : tout passe à la moulinette refondatrice.

Déjà, en 1995, le nombre d’années de cotisation dans le privé est passé de 37,5 à 40 ans, sans que personne ne bronche.

L’année dernière, le patronat a lancé l’idée du Plan d’Aide au Retour à l’Emploi (PARE), qui obligera les chômeurs à accepter n’importe quel emploi proposé, sous peine de perdre leur indemnisation.

En l’absence d’une riposte de la part du mouvement ouvrier, et avec la complaisance de la gauche plurielle, le MEDEF veut mordre encore plus profondément en passant la durée de cotisations de 40 à 45 ans, et en réduisant le montant des retraites.

Peu importe que beaucoup de travailleurs, surtout dans les secteurs où les conditions de travail sont pénibles, risquent de ne jamais arriver aux 45 ans de cotisation requis, ou que les retraites recalculées soient insuffisantes pour vivre correctement.

C’est sur cette dernière éventualité que mise le patronat : dans ce cas, beaucoup de salariés seront obligés de compléter leur retraite par des fonds de pensions privés, représentant une mirobolante masse d’argent avec laquelle les patrons pourront spéculer aisément et se tailler des marges de profits confortables.

En fait, prétextant les impératifs de la mondialisation et la compétition accrue, gouvernement et patronat nous orientent vers un système du "tout marché" qui domine aux USA. Là bas, de l’école à la santé en passant par la retraite, tout est marchandise qui s’achète aux frais des travailleurs et au prix fort.

L’important est que le patronat peut ainsi payer moins cher sa main d’œuvre en réduisant substantiellement ses cotisations et en dégageant des profits importants.
Aujourd’hui, les syndicats se disent prêts à mobiliser les travailleurs et d’importantes manifestations unitaires ont eu lieu le 25 janvier.

Mais encore une fois, la perspective proposée arrange les bureaucrates syndicaux : on fait défiler les travailleurs pour construire un rapport de force avec le gouvernement ou le patronat, et ensuite on arrête tout pour négocier tranquillement dans les salons.

Ces méthodes peuvent réussir à reporter certaines attaques mais en choisissant leur train-train réformiste face à un patronat qui a sorti la machette, les dirigeants syndicaux ne font que préparer nos prochaines défaites. Toute leur optique est liée, au mieux, à la défense des institutions qui ont caractérisé un demi siècle de réformisme en France (le paritarisme, la Sécu, etc.).

S’il est nécessaire de défendre ces acquis pour les travailleurs, ces institutions ont aussi été des instruments puissants pour maintenir la paix sociale et garantir que le pouvoir se trouve toujours du côté des patrons : pouvoir d’embaucher et de licencier, pouvoir de réprimer les travailleurs qui s’organisent, pouvoir finalement de s’approprier le produit du travail.

Ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est stopper l’attaque du gouvernement et du patronat et nous préparer pour les prochaines batailles.

La grogne contre le gouvernement et contre l’arrogance du baron Seillière et de sa bande, les inquiétudes des travailleurs sur les retraites et la lutte contre les licenciements doivent nous permettre de construire une riposte unitaire, imposée et contrôlée par la base.

Ce qu’il nous faut, c’est appuyer les prochaines journées de mobilisation pour construire un tel mouvement. Là où les travailleurs se mettent en grève, ils doivent contacter les autres secteurs en lutte, proposer des actions communes, étendre la mobilisation à toute la branche et aux usines voisines.

En novembre 1995, ce fut une mobilisation nationale semblable qui a permis de repousser certaines attaques du plan Juppé. En créant aujourd’hui notre propre direction, élue, responsable et révocable devant les AG, nous pourrons aller plus loin, empêcher le patronat de jouer sur les divisions du front syndical, contrôler d’un bout à l’autre notre mouvement ainsi que les négociations.

Et si on réussit la mobilisation pour mettre en échec les plans du patronat, pourquoi nous arrêter là ? Nous mettrons en avant des revendications offensives pour imposer notre propre refondation sociale, une refondation ouvrière !

En nous organisant autour d’un programme d’action, avec pour objectif non seulement la défense des acquis actuels mais aussi l’obtention de nouvelles avancées sociales, fondamentales et durables, en nous forgeant une nouvelle direction et un parti révolutionnaire, alors nous pourrons mettre fin aux rêves réactionnaires de Seillière, à la complicité de Jospin et du gouvernement et à la lâcheté de tous nos dirigeants syndicaux.

Revalorisation de tous les salaires ! 1000 F d’augmentation mensuelle pour tous, public et privé !
35 ans de cotisation pour tous ! Que les patrons paient pour nos retraites !
Aucune retraite inférieure au SMIC !
Refusons tout licenciement, chez Danone et ailleurs ! Occupation des entreprises pour stopper la restructuration !


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