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25 mars 2001
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Nazedaq, Down Jones : indices niqués
Sans doute devrait-on pleurer sur le sort du pauvre Bill Gates. En lespace de quelques jours, il a vu sa fortune seffondrer de plusieurs milliards. Mais rassurez-vous, il ne sagissait que de dollars virtuels.
La cause de son malheur, bien entendu, cest la "correction" sévère que viennent de subir les Bourses de la planète, à commencer par le Nasdaq, la bourse nord-américaine de la nouvelle technologie.
Lune après lautre, les principales grandes sociétés liées à linformatique et à Internet - pour la plupart américaines - ont montré leur mauvaise santé, et ont entraîné dans leur chute les sociétés de "lancienne économie" dans un effet de cascade boursière.
Et ce ne sont pas les "start-up" (basées avant tout sur la spéculation et qui ne vendent que du vent) qui sont à lorigine de la crise, mais bel et bien de vraies sociétés capitalistes, qui emploient des travailleurs à la chaîne, qui fabriquent des machines et qui les vendent aux autres entreprises et aux particuliers. Le capitalisme réel, quoi.
Que ce soit pour Compaq qui fabrique des ordinateurs, ou pour Cisco et Motorola qui produisent tous types de composants informatiques, les résultats sont plus que mornes et les licenciements ne se font pas attendre - 5000 chez le seul Compaq.
Evaporé, alors, le mirage de la "nouvelle économie" ? Pas si sûr.
Certes, la bulle spéculative liée aux start-ups était devenue ridicule et depuis un an, tout le monde - sauf les petits porteurs, semble-t-il - comprenait bien quelle ne pouvait pas durer. Ainsi, depuis un an, lindice Nasdaq a perdu 4 000 milliards de dollars.
Mais il est toujours trop tôt pour dire si léconomie nord-américaine - et, par extension, léconomie mondiale - va connaître un "atterrissage doux" (cest-à-dire une légère récession) ou un véritable krach.
Et la perspective dune récession mondiale est pour le moment peu probable, le cycle commercial européen nétant pas en phase avec celui des USA qui sont aujourdhui au bord de la récession après avoir connu une période de croissance sans précédent depuis le début des années 90.
Les Américains peuvent craindre le pire, sils regardent de lautre côté du Pacifique : leurs alliés impérialistes au Japon nont jamais pu se refaire une santé économique après la crise des banques nippones de la fin des années 80.
LEurope, par contre, qui a connu une crise continue pendant cette période, est soit toujours sur la pente montante, soit au début dun ralentissement. Il semblerait donc que pour les pays de la zone Euro, la récession soit encore loin.
Mais le problème pour les capitalistes, cest que si la communication électronique leur permet de délocaliser leurs entreprises et de transférer leurs capitaux dun simple clic de souris, cette même action anodine permet aussi de propager quasi-instantanément une maladie encore plus contagieuse que la fièvre aphteuse - la chute brutale des cours à la Bourse, fatale pour tout le cheptel.
Les progrès technologiques, dans les mains de ces apprentis-sorciers, se transforment en autant darmes dangereuses dans le cadre dun système qui se révèle une fois de plus complètement irrationnel et particulièrement inefficace.
Son renversement révolutionnaire nest pas seulement à lordre du jour, il aurait dû avoir lieu il y a longtemps !
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