pix_transparent
pix_transparentpix_transparent
4 juin 2001
pix_transparent
Le capitalisme mondialisé licencie, le gouvernement est complice !
Les patrons prennent nos emplois ; prenons leurs entreprises !


Alors que le gouvernement se félicite de la baisse du chômage - en grande partie due à la création des " emplois jeunes ", à l’explosion de l’intérim et des autres contrats précaires - les patrons, eux, ont une autre idée de la réalité économique.

Ainsi, depuis plusieurs mois, des "plans sociaux" se succèdent et frappent des milliers de travailleurs, et sans que le gouvernement fasse quoi que ce soit pour les empêcher.

Des usines LU de Danone, aux travailleurs d’AOM-Air Liberté-Air Littoral, en passant par Motorola, Philips, Marks & Spencer ou encore Alsthom, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui sont menacés, des régions entières qui risquent d’être sinistrées par cette nouvelle vague de délocalisations et de restructurations, dues à la mondialisation du capitalisme.

Chaque fois, le patron annonce qu’il ferme l’usine car elle n’est pas assez rentable et qu’il lui faut aller s’installer ailleurs.

On l’aura remarqué, ce ne sont pas de petites entreprises, victimes de la concurrence des puissants qui licencient, mais des entreprises puissantes, qui soit font des bénéfices énormes, comme Danone, soit ont été victimes de leurs propres patrons, toujours à la recherche des profits plus grands (AOM, M&S). D’autres encore, comme Philips ou Motorola, comptent délocaliser la production là où la main d’oeuvre est moins chère.

Tous cherchent à gonfler leurs profits. Tous montrent le véritable visage du capitalisme : même dans une période de reprise et de soi-disant baisse du chômage, ce système pourri est incapable de répondre aux besoins élémentaires des travailleurs, à savoir : avoir un emploi correct et un salaire décent. La situation montre la réalité de la mondialisation capitaliste, où le profit est plus important que les êtres humains, et où l’exploitation s’organise et s’effectue à l’échelle planétaire.

Comment lutter efficacement contre le chômage ? La mobilisation autour du 9 juin peut nous aider à comprendre les enjeux et à apporter des réponses véritables.

Interdiction ? Dans un premier temps, bon nombre de militants ont considéré qu’il fallait défendre le mot d’ordre de l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices. Cette position, qui exprime d’abord le refus des travailleurs devant l’aspect inhumain et irrationnel du système capitaliste, a rencontré rapidement l’opposition de certains travailleurs, en particulier ceux d’AOM, qui ont souligné que, suite au dépeçage dont leur entreprise a été victime, cette dernière ne faisait plus de profits. De toute évidence, les empêcher de bénéficier d’une telle interdiction serait fausse et injuste.

Une loi ? La réquisition ? L’adoption d’une loi pour interdire les licenciements est aujourd’hui avancée par divers courants. Si cette revendication a l’énorme avantage de mettre les députés du PCF et du PS au pied du mur - qu’ils votent une telle loi, qu’ils agissent dans l’intérêt des travailleurs ! - elle entretient néanmoins de fortes confusions, tout comme l’appel à la réquisition des entreprises qui licencient.

En effet, la question fondamentale est celle-ci : qui va empêcher/interdire les licenciements, qui va réquisitionner les entreprises ? L’Etat ? A la suite d’un vote parlementaire ?

Que peut-on attendre de cette revendication, adressé à un gouvernement qui a privatisé à tour de bras et qui a fait passer la flexibilité par le biais des 35 heures ? Peut-on s’attendre à ce qu’il impose, même sous l’effet de fortes mobilisations, une telle loi, qui équivaudrait à une déclaration de guerre au patronat et au capitalisme tout entier ?

Le problème fondamental est encore plus grave : pour appliquer une loi, pour imposer la réquisition, il faut la force. Et là, on peut être sur que ce ne sont pas les CRS qui vont réquisitionner les entreprises qui licencient, ou qui vont imposer l’interdiction des licenciements !

L’Etat est au service des patrons. C’est pourquoi la classe ouvrière devra le remplacer par son propre Etat. La question de la nature de l’Etat n’est donc pas un vieux débat caduc entre révolutionnaires et réformistes, une espèce de fossile politique du XXe siècle : elle est au coeur de la lutte des classes aujourd’hui.

Les organisations qui avancent ces revendications peuvent pourtant le comprendre, même si elles choisissent d’entretenir la confusion en avançant des mots d’ordres peu clairs - il n’y a rien à attendre des gouvernements qui défendent le capitalisme, y compris ceux de "gauche".

Toute lutte contre le chômage - interdiction, réquisition - ne peut aboutir que par l’action des travailleurs, mobilisés en masse. C’est seulement au sein des organisations et de structures démocratiques, que l’on trouvera les moyens de décider, d’imposer et de défendre les actions nécessaires pour mettre fin à ce fléau.

Si une loi était votée pour interdire le chômage ou pour réquisitionner les entreprises qui licencient, il faudrait tout de suite mobiliser les travailleurs pour la faire appliquer face à l’opposition patronale. Si on soutient une telle loi, autant dire, dès le début, comme pour toute mesure visant à améliorer la condition des travailleurs, ce qui est réellement nécessaire.

Car l’interdiction des licenciements à l’échelle du pays - voire à l’échelle de l’Union Européenne - nécessiterait un tel mouvement de la part de la classe ouvrière, allant jusqu’à la grève générale - que les fondements du système capitaliste lui-même serait remis en cause : une véritable révolution.


Des actions efficaces contre le chômage
• 
Occupation et expropriation sous contrôle ouvrier de toute entreprise qui licencie ou qui supprime des emplois ! Défendons la lutte contre les actions policières !
• Ouverture des livres de comptes des entreprises !
• Organisation d’actions de solidarité dans les autres branches d’une société multinationale !
• Partage du travail avec embauche sous contrôle ouvrier pour résorber le chômage !


Haut



pix_transparent
logo_licr
pix_transparent
ecrivez—nous