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4 mars 2001
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Deux articles inédits de Trotsky sur la libération des femmes
Nous reproduisons ici deux articles écrit par Trotsky pendant les années 20 sur la question des femmes. Le premier, écrit en novembre 1923, est une lettre adressée à un rassemblement de femmes travailleuses. Le deuxième est un article de décembre 1925. A notre connaissance, cest la première fois que ces articles paraîssent en français.
Le dos courbé sous les fardeaux épuisants des tâches domestiques, de la maternité et du travail, attachée à son état de servage par les chaînes des préjugés et des superstitions : telle est la condition atroce de la femme en URSS pendant les années 20 qu'évoquent les deux écrits de Trotsky.
Il ne s'agit nullement d'une exagération rhétorique, mais plutôt d'une brève et bouleversante esquisse des immenses problèmes sociaux auxquels la jeune révolution bolchévique a dû faire face.
La lutte pour la libération des femmes se déroule sur deux fronts complémentaires : l'amélioration des conditions de vie matérielles (approvisionnement des cuisines et des laveries collectives, des crèches, des hôpitaux et des écoles, etc.), et le dépassement du cadre psychologique qui conçoit la femme comme esclave condamnée au travail domestique, à la fonction reproductrice, et à un rôle subordonné dans la société.
C'est une lutte qui doit être réalisée à travers l'éducation, la prise de conscience et l'engagement des femmes travailleuses elles-mêmes, et les militantes communistes en première ligne.
A cet égard, la position de Trotsky - peu développée dans ces écrits fragmentés, faut-il le préciser - nous montre aussi ses limites.
Bien que lorigine de loppression des femmes est enracinée dans lexistence de la société des classes, elle ne disparaît pas pour autant du jour au lendemain, une fois que la révolution se soit accomplie.
Emanciper la femme ne veut pas dire seulement améliorer le niveau culturel de la société, mais aussi lutter contre loppression des femmes dans la vie quotidienne.
Il ne sagit pas seulement de lutter pour la protection de la mère et de lenfant, mais aussi de combattre la division sexiste du travail et les rôles spécifiques qui sont le corollaire. Parler ainsi de la femme comme la mère de la nation, comme le fait Trotsky dans le deuxième texte, est une position unilatérale et donc, comme il aimait le dire, fausse.
Bien entendu, cette critique ne diminue pas la valeur historique et politique des textes.
Il est frappant que ce fut lURSS des soviets, assiégée par les puissances impérialistes et de plus en plus isolée à léchelle internationale, qui a fait de la libération des femmes un point central de son programme social. Ceci nous montre que la libération des femmes, la coupure de ce cordon ombilical qui nous lie encore à un passé barbare que remonte jusquà laube de la société des classes, ne sera possible qui sous le pouvoir des travailleurs.
Premier article
Second article
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