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12 novembre 2001
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Léon Trotsky : Lettre à un rassemblement de femmes travailleuses à Moscou (1923)
[Cette lettre était publiée dans la Pravda, le 28 novembre 1923. Elle a été traduite en anglais et a paru dans la collection « Women and the Family » (Pathfinder Press, 1970). Nous lavons traduit de langlais. Nous avons coupé un paragraphe dintroduction dans lequel Trotsky sexcuse pour son absence à cause dune maladie.]
Le problème de lémancipation matérielle et spirituelle des femmes est étroitement lié à celui de la transformation de la vie familiale. Il faut enlever les barres des cages étouffantes et limitantes à lintérieur desquelles la femme est chassée par la structure familiale actuelle, devenant ainsi une esclave, sinon une bête de somme. Ceci ne peut être accompli que par lorganisation des méthodes communales dalimentation et de soins denfant.
Cette voie ne sera pas courte : il faut des ressources matérielles; une volonté ferme, la connaissance et des efforts seront aussi nécessaires.
Il y a deux voies qui mènent à la transformation de la vie quotidienne : celle den haut et celle den bas. La voie « den bas » est celle qui lie les ressources et les efforts des familles individuelles. Cest la voie de la création des unités familiales élargies, dotées de cuisines et de laveries etc en commun. La voie den haut est celle de linitiative dEtat ou des soviets locaux à légard de la construction des logements ouvriers groupés et des restaurants, des laveries et des crèches communaux. Dans un Etat ouvrier et paysan, il ne peut avoir de contradiction entre ces deux voies; lune devrait complimenter lautre. Les efforts de lEtat ne meneraient nulle part sans la lutte indépendante de la part des familles ouvrières pour une nouvelle mode de vie. Mais sans les conseils et laide des soviets locaux et des autorités de lEtat, même les initiatives les plus énergétiques de la part des familles ouvrières individuelles ne pourraient mener à des réussites importantes. Le travail doit se faire de façon simultanée, den haut et den bas.
Un obstacle sur cette voie, comme sur dautres, est celui du manque de ressources matérielles. Mais cela nimplique que le succès va prendre plus de temps quon aurait souhaité. Il serait complètement inadmissible de prendre la pauvreté comme prétexte et de balayer la question de la construction dune nouvelle type de vie.
Malheureusement, linertie et lhabitude constituent une force conséquente. Lhabitude, aveugle et stupide, est la plus forte dans le domaine de la vie intérieure de la famille, sombre et cachée. Et qui est dabord appelé à lutter contre la situation barbare de la famille sinon la femme révolutionnaire? Par cela je ne veux pas dire que les travailleurs conscients nont pas de responsabilité à travailler pour la transformation des formes économiques de la vie familiale, et dabord les formes dalimentation, de soins denfants et déducation. Mais ceux qui combattent avec le plus dénergie et de façon la plus conséquente pour le nouveau sont ceux qui souffrent le plus de lancien. Et dans la situation familiale actuelle, celui qui souffre le plus est la femme - lépouse et la mère.
Cest pour cela que la femme communiste prolétarienne - et, derrière elle, toute femme consciente - devrait diriger une partie importante de sa force et son activité vers la tâche de la transformation de notre vie quotidienne. Si notre état arriéré économique et culturel crée maintes de difficultés et nous permet davancer que lentement sur cette voie, il est pourtant nécessaire que lopinion publique collective de toutes les femmes travailleuses soient transformée en pression pour que tout ce qui est possible soit fait, étant donné nos forces et nos ressources actuelles.
Cest seulement ainsi que nous pourrons ouvrir la porte du royaume du socialisme à la femme travailleuse la plus arriérée et confuse, et après elle, la paysanne.
Introduction
Second article
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