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Derrière la crise des bourses et des banques, la faillite du système capitaliste!

Ils nous avaient expliqué que le capitalisme était le seul système possible pour gérer l'économie moderne, qu'il était un système éternel. Ils nous avaient expliqué qu'il se réglait tout seul, que les profits de quelques-uns auraient créé la prospérité pour tous. Il y a quelque mois seulement, Sarkozy se faisait le chantre du libéralisme avec son « travailleur plus pour gagner plus », ses privatisations (GDF, La Poste), ses « réformes » contre les services publics. Aujourd'hui, la menace d'un effondrement général du système bancaire a rendu nécessaire une intervention étatique sans précédent aux Etats Unis et en Europe.

Aux USA, le plan Paulson prévoit que l'état rachète 700 milliards de dollars de « dettes toxiques ». En Europe, ce sont 2000 milliards d'euros qui seront employés de la même façon. En France, le gouvernement, jusqu'ici très libéral, prévoit de mettre à disposition des banques un fond de 360 milliards d'euros. A cela s'ajoutent les 30 000 logements que Sarkozy s'est engagé à racheter pour aider les promoteurs, et plusieurs milliards pour renflouer Dexia, une compagnie d'assurance au bord de la faillite.

Boucher les pertes des financiers avec l'argent du contribuable est une énorme arnaque. Il y seulement quelques mois on nous disait que les caisses étaient vides, l'état en faillite. Impossible de supporter le trou de la Sécu de quelques milliards. Impossible de trouver de l'argent pour des augmentation de salaires. Impossible de trouver des moyens pour l'éducation nationale, pour un programme de HLM, pour la santé. Aujourd'hui, surprise ! Pour les banques on trouve tout de suite des sommes dix à cent fois supérieures.

Toutefois, tout cela aura un coup. Cela mènera à des coupures dramatique dans les dépenses publiques pour réduire le déficit. Et cela n'arrêtera pas la récession au niveau économique. Les usines et la distribution enregistrent une baisse brusque des commandes et des ventes en chute libre.

Rien de cela ne devait arriver. La doctrine économique officielle de la classe dominante, le néo-libéralisme, enseigne que l'entreprise et le marché doivent être libre de l'interférence étatique. Elle stipule que, puisque les patrons supportent les risques dans les investissements, ils ont le droit d'empocher des milliards de bénéfices.

Mais quels risques au fait ? Prenons par exemple M. Paulson. Il est un ancien dirigeant de la banque d'affaire Goldman Sachs et il représente bien tout le système. En laissant sa banque pour rejoindre le gouvernement des Etats Unis, il a touché une indemnité de 37 million de dollars en 2005 et de 16,4 en 2006. Sa fortune personnelle est évaluée à plus de 700 millions de dollars. Il ne faut pas s'étonner que les travailleurs américains ont manifesté à Wall Street contre son plan.

La Grande Crise de 2008 est un puissant coup au prestige du capitalisme et à la domination des idées néo-libérales qui ont justifié une dérégulation à tout-va, la privatisation des services publics, l'adoration aveugle du marché, bref tout ce qui a dominé la vie politique et économique dans les vingt-cinq dernières années.

Face à cette situation, certains dirigeants de « gauche » croient qu'il peut y avoir un espace pour un renouveau du réformisme, basé sur les investissements de l'état. Mais un nouveau réformisme sur le modèle des années 50 et 60 ne semble pas probable. Le capitalisme manque de la force et des fonds qui ont rendu acceptable aux capitalistes le programme de réformes sociales, bien limitées par ailleurs, de cette époque-là. Nous ne sommes pas dans un long boom comme dans l'après-guerre. Lors d'une crise, les capitalistes ne concèdent pas des réformes, ils essayent plutôt de revenir en arrière.

C'est pour cela que nous devons lutter contre tout le système. L'espoir n'est pas dans un renouveau du réformisme, pas dans les idées de John Keynes, mais dans celles de Karl Marx, l'idée de construire un parti de la classe ouvrière qui lutte pour la révolution et le socialisme.

Comme l'a montré la crise financière, il y a des énormes quantités d'argent. Si on exproprie une poignée de capitalistes ultra-riches, nous pourrons établir une économie socialiste avec une planification démocratique, qui protège nos emplois et nos salaires, qui peut fournir des logements correctes et bon marché, un système de santé et scolaire gratuit, des transports pour tous.

Pour arriver à cela, notre point de départ doit être de construire dans les entreprises et les quartiers la résistance contre toute tentative par les capitalistes de nous faire payer leur crise. Nous devons nous mettre en grève tous ensemble contre les tentatives du gouvernement et des patrons pour limiter les augmentations de salaire en dessous du taux d'inflation.

Il nous faut une manifestation de masse contre le renflouement des banques par l'état, pour dire non au gel des salaires et mettre fin à tous les privatisations des services publics.

Il nous faut des mesures radicales pour que ce soit les patrons et non les travailleurs à payer pour la crise :

Nationalisation de toutes les banques et de toutes les entreprises qui licencient, sans indemnité et sous le contrôle ouvrier

Une augmentation de salaire de 300 € pour tous, tout de suite

Une échelle mobile des salaires contre l'inflation, basée sur un coût de la vie établi par les travailleurs

Un plan d'urgence pour construire des HLM, des écoles et des hôpitaux

Une augmentation massive des impôts pour les riches et pour les grandes entreprises

Est-ce que la classe ouvrière peut gagner sur ces revendications ? Oui, nous le pouvons, si nous les imposons par des grèves unitaires, des manifestations de masse et si nous construisons un nouveau parti politique qui lutte pour le pouvoir ouvrier.

octobre 2008

Vous pouvez nous écrire à contact @ cinquiemeinternationale.org