pix_transparent
pix_transparentpix_transparent
24 mars 2002
pix_transparent
La révolution socialiste au XXIe siècle : 7

Face à l’Etat des patrons


Leur démocratie et la nôtre

La France est une république démocratique, le pays des droits de l’homme. L’Europe, elle, est le berceau de la démocratie. La volonté populaire s’exprime à travers les urnes.

Voilà pour la petite histoire racontée à l’école. La vérité est tout autre. Certes, on vote. Beaucoup, même. Mais ce n’est pas pour autant que la population contrôle la société — définition même de la démocratie. En fait la démocratie de la Ve République, tout comme celle de l’Europe, n’est que de la poudre aux yeux. Nous élisons nos représentants de manière isolée et individuelle, sans discussion d’ensemble. Et une fois l’élection passée, les élus sont libres faire ce qu’ils veulent.

Les circonscriptions pour l’élection des députés sont découpées de sorte à favoriser la droite : en moyenne il faut beaucoup plus de voix pour élire les députés de gauche. Le Sénat est élu par un groupe de notables, tandis que le Conseil Constitutionnel, non-élu, peut invalider les lois votées par le parlement.

A la tête de la Ve République se trouve le Président, non-révocable, non-responsable, intouchable, mais muni de pouvoirs immenses à tendance bonapartiste, taillés sur mesure pour de Gaulle et dont celui-ci s’est servi au moment de crises particulièrement aiguës (comme en 1958, 1962, 1968).

Le coeur de l’Etat (l’armée, la police, les services secrets) n’est qu’un instrument de répression au service de la bourgeoisie. Et la caste de hauts fonctionnaires est composée d’une couche infime de privilégiés formés dans les Grandes Ecoles qui monnaient leurs connaissances auprès des grandes sociétés.

Comme dans tous les pays européens, le parlement a une fonction purement décorative. Les décisions fondamentales concernant la vie économique, politique et militaires sont prises par les directeurs des grandes entreprises et des banques, la bureaucratie et les juges. Au niveau européen où le Parlement n’a que peu de pouvoir, l’écrasante majorité des décisions restent entre les mains du conseil des ministres (non-élu) et de la Commission Européenne (non-élue).

Sur le fond, ces “démocraties” sont un système dictatorial, où la puissance fondamentale n’est pas un Hitler ou un Staline, mais le capital. La fonction principale de l’Etat, qu’il soit “démocratique” ou “fasciste”, est la défense de la propriété privée et la préservation du système capitaliste.

Lors de chaque lutte, de chaque grève ou occupation, l’action des préfets, une caste nommée par le pouvoir en place, montre clairement la nature et le rôle de l’Etat : celui de la défense des possédants et de leur système contre les travailleurs.

Lorsque les capitalistes croient que leurs propriétés ou leur pouvoir sont menacés par l’action de la classe ouvrière, ils font appel aux force de l’Etat. Les préfets envoient alors les CRS pour briser les piquets de grève ou pour mettre fin aux mouvements de résistance à la politique gouvernementale, comme lors de l’attaque contre les sans-papiers de l’Eglise Saint-Bernard.

Pour justifier ce système en trompe l’oeil, il existe une idéologie spécifiquement française, basée sur toute une interprétation de l’héritage de 1789. En fait, la devise de la République (“Liberté, Egalité, Fraternité” ) n’est pas et ne peut pas être réalisée sous le capitalisme.

Quelques exemples montrent que ce rideau de fumée “républicain” et “démocratique” cache la réalité de l’oppression de classe et de l’exploitation. L’idée de l’école républicaine comme creuset de l’égalité est une manière de faire oublier les différences de classe entre les élèves.

Les droits de l’homme mettent sur le même plan le droit à la propriété et le droit à un revenu convenable. Le premier est défendu par l’Etat capitaliste, qui, en même temps, pourfend ceux qui luttent pour obtenir le deuxième. Même la fameuse liberté d’association n’est rien de telle : la liberté n’est exprimée que de manière fortement restreinte. Idem pour la liberté de la presse. Qui contrôle la télévision et les grands médias ? Une poignée de grandes sociétés capitalistes et... l’Etat.

Comprendre la véritable nature de ce système est nécessaire si on veut sauvegarder les possibilités d’expression démocratique qui existent actuellement et en créer de nouvelles, plus durables, plus profondes, plus réelles.


Défense des droits démocratiques


Malgré des droits démocratiques limités sous le capitalisme, ceux-ci ont été arrachés par des luttes ouvrières dans le but de mieux se défendre contre les capitalistes et la classe dirigeante. Les droits démocratiques, si faibles soient-ils en réalité, sont des acquis que nous défendons contre toutes les attaques. Nous luttons contre les tendances anti-démocratiques au sein de la société bourgeoise et pour le développement le plus total de la démocratie dans tous les aspects de la vie.

• Abolition de la présidence de la République !

• Dissolution du Sénat et du Conseil constitutionnel !

• Assemblée unique souveraine et révocable, élue à la proportionnelle intégrale !

• Aucun élu ne doit toucher plus que le salaire moyen d’un travailleur. Aucun cumul de mandat ni d’emploi pour les élus !

• Intégration des Grandes Ecoles au système universitaire !

• Election des hauts fonctionnaires et des magistrats !

• Abolition des cabinets ministériels et de leurs passerelles vers l’industrie !


Pour des candidats ouvriers !

Si plusieurs partis se présentent aux élections au nom des travailleurs, il faut organiser dans les entreprises des assemblées générales rassemblant tous les travailleurs. Des représentants de ces partis y défendront leur plate-forme afin que nous puissions en débattre tous ensemble, pour décider non pas du bulletin à glisser dans l’urne, mais du meilleur programme qui soit pour organiser la riposte ouvrière et changer ce monde.


Libre accès aux médias

L’accès à l’information et à la connaissance est un préalable à la démocratie. Pourtant les médias sont aux mains d’une poignée de sociétés capitalistes et l’Etat. La radio et la télé sont strictement contrôlées. En même temps, nous vivons à l’heure du développement d’un nouveau moyen de communication aux conséquences imprévisibles : Internet. Aux USA comme en Europe, les entreprises et les gouvernements veulent contrôler ce nouveau média comme ils contrôlent les autres. A nous de nous opposer à cela !

• Expropriation sous contrôle ouvrier des journaux, des radios et des chaînes de télévision !

• Libre accès aux médias pour tous !

• Non aux restrictions légales sur Internet !

• Non au contrôle gouvernemental du contenu d’Internet !

• Non aux sites fascistes et pédophiles !


Pour la démocratie en Europe


Le manque de démocratie dans les instances européennes est plus criant encore. Nous ne devons pas permettre aux capitalistes de faire un pas de plus vers une Europe unie sans que la population travailleuse du continent ne puisse avoir son mot à dire. Il faut combattre pour la convocation d’une Assemblée constituante à l’échelle européenne, défendue par les organisations ouvrières. Il faut rompre avec la logique des traités de Maastricht et d’Amsterdam et établir un plan de convergence ouvrier, économique et politique, répondant aux besoins des masses.

• A bas le parlement européen et la Commission européenne !

• Expropriation sans indemnité ni rachat et sous contrôle ouvrier de la Banque centrale européenne !

• Abrogation immédiate des traités de Maastricht et d’Amsterdam au nom des intérêts ouvriers !

• Pour une Assemblée Constituante défendue par les organisations ouvrières, souveraine et révocable, élue à la proportionnelle intégrale !



Afin d’arracher la richesse et les moyens de production des mains des capitalistes, nous devons aller au-delà de la démocratie bourgeoise et de son appareil d’Etat. Il faut imposer une autre conception de la démocratie, celle de la démocratie ouvrière, où les exploités et les opprimés prennent en main leur destin.

Un gouvernement des organisations se réclamant de la classe ouvrière et basé sur la mobilisation des travailleurs, un gouvernement ouvrier, serait capable de répondre aux besoins de la masse de la population en prenant l’argent là où il est : chez les capitalistes.

Le mot d’ordre de gouvernement ouvrier souligne la nécessité pour la classe ouvrière de prendre le contrôle de toute la société afin de l’organiser selon ses besoins. Il permet aussi aux travailleurs de voir qui, parmi les organisations se réclamant de la classe ouvrière, est prêt à défendre leurs intérêts jusqu’au bout.

Car l’objectif du gouvernement ouvrier doit être de créer un Etat véritablement démocratique, où la masse de la population participe aux décisions et à leur exécution, un Etat des travailleurs, fruit de la révolution ouvrière. Loin du cauchemar stalinien, un tel Etat serait plus démocratique que tout autre, y compris son modèle, celui qui a surgi de la révolution russe de 1917.

Nous pouvons déjà voir l’embryon de ce nouvel Etat quand, lors des luttes ouvrières, les travailleurs se dotent de structures, telles que les comités de grève, les conseils de quartier, ou les conseils ouvriers, appuyés par des organisations d’autodéfense. Ces structures non seulement correspondent aux besoins de la lutte, mais sont également des formes de démocratie directe. Au cours d’une lutte généralisée contre l’ordre bourgeois, elles se multiplieront et se cristalliseront sous une forme plus élevée : un réseau de conseils ouvriers centralisé nationalement.

Ces conseils seront des lieux de discussion, de décision et d’action, et les représentants, élus en assemblée générale, seront responsables et révocables à tout moment. Soudés autour d’un programme et d’un parti révolutionnaires, les conseils ouvriers ouvriront la voie à la destruction révolutionnaire de ce système d’exploitation et d’oppression.

Ils donnent ainsi lieu à la pleine participation de la population travailleuse à l’organisation de la nouvelle société. Voilà une démocratie digne de ce nom !

Comme on peut le voir lors de nos luttes quotidiennes, chaque combat de classe d’envergure a pour réponse la répression de l’Etat. Ceci est encore plus vrai quand il s’agit d’une tentative de la part des travailleurs de changer la société de fond en comble. Pour défendre leur système contre l’action ouvrière, pour briser tout mouvement ouvrier insurrectionnel, les patrons et leur gouvernement sont et seront toujours prêts à faire appel aux forces armées de l’Etat.

C’est pourquoi la classe ouvrière doit avoir comme objectif l’armement des travailleurs et la destruction des forces armées de l’Etat. Lors de la révolution, cela devient une question de vie ou de mort. Au Chili en 1973, l’armée de Pinochet a écrasé le gouvernement réformiste d’Allende et a instauré une dictature sanglante qui a assassiné militants, syndicalistes et dirigeants du mouvement ouvrier. Pour ne pas “provoquer” les patrons et les généraux, Allende avait refusé d’armer les travailleurs.

L’impasse terrible de la “voie parlementaire” au socialisme reste gravée sur les tombeaux de dizaines de milliers de travailleurs chiliens. Il s’agit d’une leçon capitale pour le mouvement ouvrier de la planète toute entière. Cette situation pourrait se reproduire en France. La preuve ? En mai 68, De Gaulle s’est enfui en Allemagne, pour ressouder autour de lui l’armée, pour la préparer à l’intervention contre ce qu’il craignait être la conclusion de ces mobilisations : le renversement du capitalisme.


Pour un gouvernement ouvrier

Les patrons et leur gouvernement se servent des forces armées pour défendre leur système contre la classe ouvrière. Leur Etat est le garant de la propriété contre la volonté populaire. Ils se servent de leurs services secrets pour espionner et affaiblir le mouvement ouvrier, ils se serviront de leurs forces armées pour briser le mouvement ouvrier insurrectionnel.

• A bas les forces armées !

• Dissolution immédiate de la police, gendarmerie, CRS, gardes mobiles !

• A bas les services secrets de l’Etat, la DGSE, la DST et les RG !

• Ouverture des fichiers de tous les organes d’Etat à l’inspection ouvrière !

• Pour la création de milices ouvrières et d’une armée populaire sous le contrôle des conseils ouvriers !

• Pour l’insurrection ouvrière !

• Pour un gouvernement ouvrier basé sur les organes armés de la classe ouvrière !

• Pour une république des conseils ouvriers ! 



Lire la suite



Haut


pix_transparent
logo_licr
pix_transparent
ecrivez—nous