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10 août 2002
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La libération des femmes 7
Lidéologie sexiste et la pornographie
En perpétuant la misère sexuelle de tous, en réifiant le corps de la femme, la société de classe a toujours rendu les femmes vulnérables à des actes dagression de la part des hommes à savoir le harcèlement systématique, le viol et la crainte de tels actes.
A la différence des féministes radicales, nous ne considérons pas la violence masculine comme lessence même de loppression de la femme ou, pour reprendre leurs mots, lexpression dun pouvoir mâle sur les femmes.
Des actes de violence sexuelle et physique ne sont pas le simple prolongement de loppression habituelle dans les relations homme-femme. Limportance des abus sexuels dont sont victimes les femmes reflète linfluence particulière de lidéologie sexiste qui dégrade les femmes.
La relative tolérance de lEtat et de lidéologie bourgeoise (sans oublier lEglise) à lencontre de ces abus sexuels, physiques et mentaux, exercés sur les femmes dans la famille, au travail et dans la vie sociale, se combine avec la violence générale qui est une caractéristique de la société de classe.
Lexistence de contraintes sexistes et oppressives, et leurs effets dévastateurs sur les êtres humains est le terreau qui donne vie au viol et à la violence systématique. Lexistence de la violence sexuelle et les attaques physiques sont un élément réel dintimidation des femmes (entraînant la crainte des femmes de sortir le soir, etc.)
Lidéologie sexiste est présente dans la société capitaliste. Son objectif est de légitimer la subordination des femmes dans le domaine social et sexuel.
Dans les médias, limage de la femme conduit à une réification de son corps qui, souvent, est synonyme de dégradation. Lêtre humain devient une simple machine sexuelle au service des hommes, sans aucun consentement de sa part.
Lexistence de telles images et la force de lidéologie sexiste dans les médias ont conduit certaines femmes à considérer la pornographie comme la quintessence de loppression des femmes.
La pornographie est la théorie, le viol est la pratique est une formule largement répandue parmi de nombreuses féministes, ainsi que parmi des socialistes et des ultra-gauchistes. Mais épingler la pornographie comme lennemi principal des femmes est faux à plusieurs titres.
En premier, cette position conduit à considérer tout image sexuelle des femmes comme dégradante en soi. Par la suite, toute pornographie est considérée comme de la pornographie violente. Cest une approche entièrement subjective qui, sur le plan théorique, ferme toute possibilité de représentations érotiques non-oppressives.
Cette position interdit aux femmes toute capacité dapprécier une représentation érotique de leurs désirs sexuels et de leurs phantasmes. En un mot, cest une expression féministe du puritanisme. Nous ne sommes pas favorables à un appel à une interdiction légale de la pornographie, quelle soit définie comme oppressive ou non.
Le deuxième problème avec les militantes anti-pornographie est que le seul moyen datteindre leurs objectifs est de faire appel à lEtat pour linterdire. En pratique, cela signifie le renforcement du pouvoir répressif de lEtat, sa capacité à intervenir dans la vie privée des individus de façon oppressive.
LEtat, qui est lun des gardiens du code moral réactionnaire, utilisera toujours ses pouvoirs pour interdire la pornographie contre les revues et les périodiques des gays et des lesbiennes. LEtat sera larbitre de ce qui est obscène.
Le troisième problème qui surgit quand on centre le combat anti-sexiste sur la question de la pornographie est que cette imagerie sexiste est un symptôme de loppression des femmes, non la cause de leur oppression.
Les luttes contre la pornographie sont de fait erronées en la présentant comme la théorie, à savoir la cause, responsable des viols et de loppression en général. Ces erreurs concernant la pornographie ont eu des conséquences politiques désastreuses.
En particulier elles ont conduit des mouvements féministes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne à conclure des alliances avec la Majorité Morale et avec la campagne réactionnaire contre le sexe et la violence à la télévision menée par la bigote britannique Mary Whitehouse.
Pourtant, en tant que révolutionnaires, nous ne sommes pas neutres dans les batailles visant à lutter contre les représentations sexistes dans le mouvement ouvrier et dans les médias.
Nous sommes des combattants résolus contre les représentations sexistes et nous soutenons tous les efforts des femmes pour faire enlever les affiches et publicités répugnantes et, là où cela savère malheureusement nécessaire, des campagnes pour mettre fin à la publication de pin-ups dans la presse syndicale et ouvrière.
Nous soutenons les luttes contre le harcèlement sexuel au travail et pour des mesures concrètes pour lutter contre les menaces de viol, comme un meilleur éclairage public et des transports plus adaptés, des cours gratuits dauto-défense, etc.
Dans les médias, nous soutenons le combat pour obtenir le droit de réponse à des articles ou des images qui dégradent les femmes.
Nous en appelons aux travailleurs du livre pour quils aident à la satisfaction de cette revendication en refusant dimprimer de tels articles et photos à moins que le droit de réponse ne soit reconnu au syndicat, à sa section de femmes ou à une organisation menant ces campagnes.
Ces méthodes daction mènent de fait à des échanges fructueux avec les travailleurs sur la nature du sexisme et sur pourquoi il divise la classe ouvrière, et en même temps diminuent le fléau de la propagande qui vise la subordination ou la dégradation des femmes.
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