A-1
L1




G8 : Non au seigneurs de la guerre ! En avant vers la Cinquième Internationale !

Cette année comme d'habitude le G8, le club des huit grandes puissances mais aussi des seigneurs de la guerre, se réunit à Deauville pour décider des sorts de l'humanité et pour imposer à toute la planète ses décisions réactionnaires. Il y aura Barack Obama, prix Nobel de la paix (!), engagé dans deux sales guerres, en Irak et en Afghanistan, qui, loin de rendre ces pays plus démocratiques et plus sûrs, tuent des milliers de civils. L'assassinat d'Oussama Ben Laden au Pakistan a déclenché une autre vague d'attentats terroristes et de représailles des Etats-Unis. En fait ces dernières, avec des attaques de drones, ont fait plus de morts civils que celles des Talibans. A ses cotés, Medvedev, complice de Putin, a écrasé dans le sang les aspiration du peuple tchechène à l'indépendance et fait régner l'ordre du Kremlin sur une grande partie de l'ancien URSS. Il y aura aussi Nicolas Sarkozy et David Cameron, qui imposent une politique d'austérité dans leurs pays et qui bombardent la Libye. En dernière place sur la photo officielle figurera Silvio Berlusconi, sinistre bouffon de la compagnie, qui se maintient au pouvoir grâce à la corruption et traite dans le plus total mépris des droit de l'homme les migrants débarqués sur les côtes italiennes.

Toutefois, malgré le déferlement médiatique des derniers jours sur le triomphe de la « vraie démocratie » suite à l'assassinat de Ben Laden, ancien homme de main de la CIA, la météo n'est pas au beau fixe pour les patrons du monde. En effet, l'année s'est ouverte avec le coup de tonnerre des révolutions arabes. De la Tunisie à la Syrie, en passant par l'Egypte, le Bahrein et le Yemen, c'est par centaines des milliers que les peuples de la région sont descendus dans la rue contre des régimes policiers, répressifs et corrompus et contre le système d'exploitation qu'ils défendent.

En Tunisie et en Egypte, ces mouvements ont arraché des victoires retentissantes avec la chute de Ben Ali et de Moubarak. Ces dictateurs, les amis des impérialistes « démocratiques », étaient des points d'appui cruciaux pour faire régner l'ordre impérialiste dans la région. En particulier, le régime de Moubarak était complice des USA et d'Israël dans l'oppression des palestiniens, à commencer par le blocus de Gaza.

Bien sûr, la chute de ces dictateurs honnis ne résout rien en soi. Les généraux et les notables de l'ancien régime font leur possible pour que les bases du système restent inchangées, notamment la propriété privée, l'exploitation, un état policier. En Yemen et en Syrie, la situation n'a pas abouti à la chute du régime et reste très instable. Néanmoins, ces peuples en lutte donnent l'exemple et cela pourrait devenir fatal pour l'ordre impérialiste. Voilà pourquoi les puissances du G8 sont en première ligne dans l'intervention diplomatique, politique et militaire pour faire dérailler ces révolutions.

Non à l'intervention impérialiste en Afrique et ailleurs

L'intervention des puissances occidentales en Libye a comme but avoué celui de défendre les populations civiles menacées par l'armée de Kadhafi. Mais qui peut y croire ? En effet, Kadhafi était récemment redevenu l'ami des impérialistes. Il avait été reçu avec toutes les honneurs à Rome et à Paris en visite officielle. En échange de cette réintégration dans la communauté internationale, Kadhafi s'était engagé à contrôler l'immigration vers les cotes européennes en créant plusieurs camps de détention. Les immigrés y recevaient un traitement inhumain, avec tortures, viols et toutes sortes de violences. Droits de l'homme ? Les gouvernants européens préféraient faire semblant de ne pas voir, et continuaient à vendre à Kadhafi les armes ... avec lesquelles aujourd'hui il bombarde les insurgés !

L'intervention de l'OTAN a plutôt pour but de contrôler la situation et imposer un règlement du conflit favorable aux grandes puissances et aux multinationales du pétrole. Il s'agit de stopper la révolution et de créer des régimes faibles, aux ordres des impérialistes, prêts à brader les richesses de leurs pays. Ainsi significativement, on a décrété l'embargo sur les armes vers les insurgés libyens. Il en va de même en Côté d'Ivoire, avec l'intervention aux cotés d'Alassane Ouattara, le candidat des impérialistes pour diriger le pays au service de leurs intérêts.

L'accélération des interventions françaises vise à protéger et développer la zone sous influence française en Afrique et dans le monde arabe. Il s'agit de contrôler économiquement et militairement certains pays pour pouvoir continuer à exploiter et piller leurs richesses naturelles (cacao en Côté d'Ivoire, pétrole en Libye, uranium au Niger etc) tout en y maintenant des forces prêtes à intervenir pour défendre les intérêts des multinationales. Dans ces pays, la France intervient pour mettre ou maintenir au pouvoir des dirigeants prêts à garantir les intérêts des ces grands groupes, en fermant un oeil, voire les deux sur le respect des droits de l'homme et sur la corruption généralisée et le pillage par ces élites des richesses du pays. Ce système a un nom, c'est l'impérialisme.

La crise et ses conséquences

A l'intérieur même des métropoles impérialistes, d'autres fissures sont apparues qui menacent toute l'édifice. La crise historique du capitalisme de 2007 et 2008 est loin d'être derrière nous. Si la Bourse est repartie à la hausse tout comme les bénéfices des banques et des grandes entreprises, la machine économique est loin d'avoir redémarré : le chômage en toute Europe est à des niveaux record, les salaires stagnent ou reculent, les prix flambent, la précarité devient la règle.

Au coeur de la tourmente se trouvent les pays de la zone euro. Malgré des attaques sans précédent contre les travailleurs et spécialement les services publics en Grèce, Portugal et Irlande, ces pays s'approchent jour après jour de la faillite. La raison ? D'un côté ils ont dû accepter des prêts à des taux usuriers, jusqu'à 23 % d'intérêt ! D'autre côté, les poids lourds de l'Europe résistent à l'idée de restructurer la dette, c'est-à-dire de faire payer en partie au banques (françaises et allemandes notamment), les pots cassés d'une crise dont elles sont responsables. Et personne évoque la nécessité de faire payer les riches, les patrons, l'église. Quelle est alors la situation proposée ?

Pour nos gouvernants, la Banque Centrale Européenne, la Commission etc, il faut continuer dans la politique d'austérité. Autrement dit, il y a une crise à cause du système capitaliste. Avant et pendant et après cette crise, les banques et les grandes entreprises ont engrangé des énormes bénéfices. Aujourd'hui, les responsables du désastre veulent faire payer la crise aux travailleurs, aux jeunes, aux femmes, aux retraités, aux malades, aux immigrés. Ils prévoient ainsi (si ce n'est pas déjà chose faite), de baisser les salaires des fonctionnaires, faciliter les licenciements, réduire la couverture sociale, notamment celle sanitaire et les retraites, réduire les services publics (santé, écoles).

Partout en Europe, les travailleurs se sont soulevés contre cette politique. Malheureusement, nulle part leurs dirigeants n'ont eu le courage ni la volonté d'aller à la grève générale, pour faire tomber les gouvernements qui imposent une politique d'austérité. Ils n'ont pas non plus construit dans les quartiers et dans les entreprises des coordinations comme organes de pouvoir basés sur la classe ouvrière en lutte. La situation actuelle en France montre le danger de laisser passer le moment clé au pic d'une vague de lutte. Malgré les journées d'actions très suivies, malgré les grèves dans des secteurs clé, malgré la mobilisation de masse de la jeunesse, les dirigeants des syndicats ont fait avorter le développement du mouvement vers une confrontation décisive avec Sarkozy. Le résultat ? Sarkozy a gagné.

Aujourd'hui situation politique actuelle en France, dominée par l'impuissance de la gauche, la politique raciste du gouvernement et la montée du FN, est en grande partie due à la défaite du mouvement contre la réforme Woerth à l'automne dernier. Il faut tirer un bilan sérieux et critique des raisons de notre défaite pour ne pas retomber dans les mêmes pièges la prochaine fois. En particulier nous avons besoin d'une nouvelle direction pour les luttes, capable de défier non seulement le gouvernement mais aussi les dirigeants réformistes du mouvement ouvrier. Il ne s'agit pas d'être 100 % à gauche, mais de comprendre la nature du réformisme qui n'est pas seulement dans le politique du PS, mais aussi dans celle du PG et du PC.

Une seule solution : une nouvelle internationale pour la révolution mondiale

Le capitalisme risque d'entraîner l'humanité toute entière à la catastrophe. Aujourd'hui nous en voyons les signes avant-coureurs dans la crise économique globale, dans la guerre et la misère aux quelles sont condamnés des milliards de personnes dans les pays exploités, dans les bouleversements dramatiques de l'environnement et du climat. Comme les réacteurs de Fukushima, ce système est une bombe à retardement qu'ils serait vain de réguler et de modérer en restant dans son cadre. Tout comme nous voulons sortir du nucléaire, nous voulons aussi sortir rapidement du capitalisme, par la révolution. Pour cela nous devons construire des partis révolutionnaires dans tous les pays et nous coordonner pour débrancher le G8, débrancher le capitalisme et créer un nouveau système basé sur la satisfaction des besoins humains et sur la planification démocratique. Dans les luttes d'aujourd'hui, nous devons construire la Cinquième Internationale pour mener la révolution et le renversement du capitalisme sur toute la planète.

14 mai 2011

Vous pouvez nous écrire à contact @ cinquiemeinternationale.org