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11 décembre 200
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1er mai 2001 : journée mondiale d’action contre le capitalisme

Le XXIe siècle a commencé par une grande vague de résistance aux institutions du capitalisme mondial. Des campagnes contre la dette du Tiers-Monde, en passant par les actions des militants écologistes ou des syndicalistes, ou encore les mouvements paysans pour contrôler la terre, partout où la résistance s’organise, il se trouve une minorité croissante qui veut lutter non pas seulement contre les symptômes du capitalisme, mais aussi contre la maladie elle-même.

Plusieurs protestations importantes ont eu lieu - le 18 juin à Londres, le 30 novembre à Seattle, le 16 août à Washington, à Millau au début du mois de juillet, et à Melbourne le 11 septembre. Prises ensemble, ces manifestations montrent que :
• De nouvelles couches de militants contre la mondialisation sont prêtes à agir de concert avec des organisations, pour avoir un impact important.
• La coordination internationale est devenue plus facile et plus efficace que par le passé. Le capitalisme s’est mondialisé - mais en ce faisant, il a également mondialisé les forces d’opposition. Le capitalisme mondial a créé l’anticapitalisme mondial.

De manière instinctive, nos dirigeants reconnaissent la puissance de cette menace pour leur pouvoir. C’est pourquoi leurs réunions ont lieu non plus derrière des portes fermées, mais carrément derrière un rideau de flics.

Le mouvement mondial anticapitaliste doit parler au nom de tous les peuples du monde :
• Au nom du Tiers-Monde, qui doit faire face à une dette écrasante au profit des banques occidentales, au sous-développement, à la famine, à la surexploitation et à une austérité cruelle.
• Au nom des anciens pays "communistes" qui, suite à la restauration du capitalisme, se trouvent menacés par l’abolition de l’Etat-providence, par la privatisation, par la montée du nationalisme, par les gangs criminels et par le chômage de masse.
• Au nom des pays industrialisés riches, où une petite élite vit dans un luxe incroyable alors que des centaines de millions de personnes doivent faire face à l’insécurité, à l’inégalité, au racisme, au militarisme et à la pollution.

Le mouvement doit se construire sur la base d’alliances qui nous ont déjà apporté des succès. A Seattle et à Millau, des syndicats représentant les travailleurs de secteurs industriels et de services ont manifesté aux côtés de paysans, de militants et de jeunes. Mais ce n’est qu’un début : l’alliance anticapitaliste doit aller au delà des "sièges de sommets" - même si de telles mobilisations sont importantes afin de mettre en lumière les crimes du système. Nous avons besoin d’un plan d’action afin de remplacer le capitalisme par une société sans classes.

Les mêmes intellectuels, journalistes et politiciens qui nous expliquent qu’il n’y a pas d’alternative à l’économie de marché, disent que la classe ouvrière n’est plus d’actualité, qu’elle constitue une couche sociale en voie de disparition dont les organisations ont fait faillite une fois pour toutes.

En poussant à l’industrialisation des pays en voie de développement, le capitalisme mondial a créé une classe ouvrière forte de centaines de millions de travailleurs sur chaque continent. Les travailleurs organisés constituent la force motrice de la résistance.

Les 12 derniers mois le montrent très clairement. En Inde, au mois de mai 2000, la plus grande grève générale de l’histoire de la planète a eu lieu, contre la volonté du FMI d’imposer encore plus d’austérité et de restrictions budgétaires, malgré les centaines de millions de personnes qui vivent dans la pauvreté la plus extrême. Au Nigeria, au Zimbabwe, en Equateur, en Colombie et en Chine, des grèves de masse ne sont plus dirigées seulement contre les patrons locaux mais aussi contre l’ennemi ultime : le FMI, la Banque Mondiale, l’Organisation Mondiale du Commerce et le Forum Economique Mondial. Aux USA - au coeur de la "nouvelle économie" - 85.000 travailleurs dans les télécommunications ont fait grève, ont défié la loi, ont envoyé des "piquets volants"... et ils ont gagné ! Les gigantesques corporations de l’e-business ne peuvent pas contourner la réalité : pas de travailleurs = pas d’Internet et pas de commerce électronique.

L’action de masse, avec la classe ouvrière comme centre, sera fondamentale si on veut gagner les batailles actuelles. Le pouvoir des travailleurs sera essentiel pour la création d’un futur libéré de la pauvreté, de l’exploitation et de la guerre.

La jeunesse anticapitaliste peut offrir au mouvement ouvrier son hostilité nette au système planétaire. La classe ouvrière peut offrir au mouvement anticapitaliste sa solidarité, son pouvoir, son caractère de masse et ses forts niveaux d’organisation et de discipline.

Nous devons nous servir de la largeur et de la richesse de ce mouvement planétaire afin de généraliser tout ce qui est efficace, dynamique, militant, imaginatif et porteur d’espoir. Nous devons rejeter tout ce qui est usé, conformiste, bureaucratique, étroit, égoïste et source de désespoir. La tâche est claire : tourner le mouvement anticapitaliste vers la classe ouvrière, et faire en sorte que le mouvement ouvrier redevienne anticapitaliste. Au mieux, la direction actuelle du mouvement ouvrier ne participe que sporadiquement aux protestations anticapitalistes : elle perçoit l’action directe comme une arme visant à obliger les patrons à négocier. Au pire, les bureaucrates des syndicats et des partis prennent partie pour les capitalistes contre nous.

La majorité des dirigeants des organisations non-gouvernementales (ONG), des organisations caritatives, des partis socialistes et communistes et des syndicats sont intimement liés au système capitaliste. Ces couches d’intermédiaires plaident la modération et le compromis, sentant bien que l’abolition des classes les rendrait inutiles. Aujourd’hui, tout ce qu’ils veulent, c’est pouvoir s’asseoir à la table des négociations. Lorsqu’ils appuient des protestations contre patrons et gouvernements, il faut bien comprendre les raisons pour lesquelles ils le font.

Nos expériences de campagnes dans des conditions nationales différentes peuvent nous aider à forger une véritable stratégie globale pour la résistance. Comment faire ? En se rassemblant afin de définir nos objectifs et nos moyens. Nos objectifs doivent être :
• L’annulation de toute la dette des nations aux banques : aucun délai, aucune condition, aucune compensation.
• La sécurité sociale, l’éducation et les indemnisations pour tous - payées par des impôts forts sur les profits patronaux et la richesse des super-riches et par la confiscation des usines, des sociétés, des fonds, de l’immobilier et des brevets technologiques des géants capitalistes.
• L’abolition du FMI, de la Banque Mondiale, de l’OMC et du Forum Economique Mondial.
• De l’aide massive, gratuite et sans contrepartie pour les pays en voie de développement, en compensation du pillage effectué par les sociétés multinationales et les méga-Etats du G7. Pour trouver l’argent nécessaire, il faut imposer les sociétés multinationales.
• L’abolition de l’inégalité à travers la redistribution de la richesse, et mener une offensive sans faille contre toute forme de discrimination de race, de nationalité, de sexe ou de sexualité.
• La fin des réformes marchandes qui restaurent le capitalisme en Europe de l’Est, en ex-URSS, en Chine, au Vietnam, en Corée et à Cuba. Pour le socialisme démocratique des travailleurs, basé sur le pouvoir des conseils ouvriers.
• La sauvegarde de la planète à travers un mouvement international et la planification de la consommation des combustibles fossiles et de l’utilisation de la fission nucléaire vers des formes renouvelables de production énergétique.
• La fin de la capacité des grandes puissances de détruire des nations entières lors d’attaques militaires en détruisant l’OTAN et toute alliance militaire impérialiste.
• Une économie planifiée démocratiquement dans laquelle toutes les ressources de la société sont possédées par tous, faisant correspondre les produits aux besoins à travers la communication électronique et le contrôle populaire.
• Une fédération mondiale basée sur la solidarité et la coopération à la place de la concurrence, le nationalisme et la guerre.

Les capitalistes ont honte de leur histoire, qu’ils cachent et déforment chaque fois qu’ils peuvent. Mais nous, nous sommes fiers de la nôtre : il s’agit de l’histoire d’une lutte sans faille contre l’exploitation et l’oppression sous toutes ses formes et dans tous les pays.

L’héroïsme et l’agonie du dernier siècle nous parlent directement aujourd’hui :
• Le capitalisme ne peut pas être détruit par des réformes visant des mesures constitutionnelles partielles - l’appareil d’Etat des exploiteurs sera utilisé sans pitié afin de réprimer toute contestation sérieuse de la propriété privée. Il doit être détruit par l’action révolutionnaire des masses.
• Une société socialiste sans division de classe ne peut être construite que si la masse de la classe ouvrière décide ses propres priorités économiques et politiques. Le capitalisme existe sans la démocratie populaire des travailleurs, le socialisme ne le peut pas.
• Il n’y a pas de voie nationale au socialisme : seule l’action mondiale, guidée par une stratégie internationale, peut mettre fin à la menace globale capitaliste. Le socialisme dans un seul pays a toujours été un fantasme. Seul, aucun pays ne peut battre le capitalisme mondial - et le socialisme ne peut pas être imposé à un pays à coup de chars.
• C’est seulement par le socialisme que l’on pourra mettre fin au racisme, au génocide, à l’oppression des femmes, des jeunes, des lesbiennes et des gays.

Les prochains pas de notre mouvement :
• Unifier les militants anticapitalistes et les jeunes avec le mouvement ouvrier mondial.
• Faire du mardi 1er mai 2001 une journée mondiale d’action contre le capitalisme. Ceci doit impliquer une grève générale de 24 heures et des manifestations de protestation dans toutes les grandes villes, ciblées contre les symboles de la puissance capitaliste.
• Construire un mouvement de la jeunesse révolutionnaire, international et anticapitaliste.
• Forger des liens entre les travailleurs combattant les fermetures, la privatisation, les bas salaires et le chômage.
o Construire une nouvelle Internationale - un parti mondial de la révolution socialiste, basée sur la démocratie interne la plus complète et l’unité dans l’action.

La culture omniprésente du capitalisme mondial est basée sur le mythe de l’individualisme. Les milliardaires prient pour que la course à la survie individuelle nous empêche de lutter pour un avenir meilleur. Mais cela ne résume pas la vie, l’humanité ou l’Histoire. Le capitalisme forme une barrière invisible qui nous sépare chacun les uns des autres et de notre intérêt collectif.

Il faut le détruire et construire une société sans classes, pour que l’Histoire de l’humanité puisse réellement commencer !


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