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11 décembre 2000
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Non à l’Europe des patrons !
Pour les Etats-Unis Socialistes de l’Europe !


Le sommet européen de Nice représente un nouveau pas vers la construction d’une Europe fédérale sous le contrôle des sociétés multinationales. Mais il représente également un nouveau moment fort dans la tournée planétaire de la résistance anti-capitaliste qui a explosé depuis un an à Seattle. A Nice, les patrons européens veulent développer le fédéralisme encore plus, au service des profits. Notre tâche est d’assiéger le sommet afin de les empêcher d’arriver à leur objectif déclaré. Ils veulent :

• Réviser l’article 133 du traité d’Amsterdam. Le lancement de l’Euro a déclenché une vague de fusions et de nationalisations dans une large gamme d’entreprises - banques, commerces et industries. Mais l’Europe est toujours un pas derrière les USA. L’Etat qui encadre les sociétés américaines est un Etat fédéral, ce qui lui permet de mieux contrôler sa classe ouvrière. C’est pourquoi, à Nice, les patrons européens veulent donner à la Commission plus de pouvoir pour qu’elle puisse imposer des mesures anti-ouvrières aux Etats-membres. Par exemple, la présidence française propose de rendre responsable la Commission pour tous les pays d’Europe de l’établissement des conditions et du taux d’indemnisation du chômage.

• Adopter un planning pour l’admission de six pays d’Europe de l’Est d’ici 2004. Objectif : profiter de nouveaux marchés, tout en refusant aux travailleurs des nouveaux Etats-membres les mêmes droits que ceux des pays actuellement membres de l’UE. Afin que "la nouvelle Europe" ne soit pas paralysée par des désaccords nationaux, la majorité qualifiée remplacera l’unanimité actuellement obligatoire lors des votes. Résultat : encore plus de pouvoir à la Commission.

• Adopter une Charte des Droits Fondamentaux. Ce n’est qu’un cache-misère pour masquer le fait que la Charte représente une perte réelle de pouvoir pour les travailleurs d’Europe. L’ébauche de la Charte ne comprend que les "droits existants", et n’augmente pas les droits des citoyens de l’Union. Certain droits établis dans le "chapitre social" - très faible - n’ont pas été inclus dans la Charte parce qu’un certain nombre d’Etats-membres n’ont pas encore ratifié le chapitre.

Dans cette Charte, le droit à un revenu minimum n’est pas mentionné. Même les droits cités, comme ceux qui touchent "le droit de grève" ou "le droit à l’information" sont rendus inutiles par le fait qu’ils sont accordés "conformément aux législations et pratiques nationales."

Ainsi les lois antisyndicales britanniques, par exemple, seront toujours en place, et les patrons britanniques fouleront aux pieds les droits acquis dans d’autres pays de l’Europe.

Nous serons des dizaines de milliers à Nice afin d’empêcher cette démarche. Les manifestations autour de Nice représentent une nouvelle opportunité afin de tourner le mouvement anti-capitaliste vers la classe ouvrière et de faire en sorte que le mouvement ouvrier redevienne anti-capitaliste. Alors que les patrons d’Europe cherchent à concurrencer les USA et l’Asie, les chômeurs, les exclus et les victimes de l’oppression nationale et raciale subiront des attaques contre leurs conditions de vie, déjà intolérables.

L’augmentation de la taille et de la puissance des sociétés multinationales sera le prétexte à encore plus d’attaques contre les salaires, contre les acquis sociaux, contre l’éducation et contre les droits démocratiques des immigrés et des demandeurs d’asile. Dans les ex-pays "communistes" d’Europe de l’Est et les pays du tiers monde, la conséquence sera une augmentation de l’exploitation.

Est-ce que cela veut dire que les travailleurs d’Europe doivent obliger "leur" Etat-nation à quitter l’UE ? Non. Le retour à de petits pays impérialistes et capitalistes n’est pas une solution. De tels Etats "indépendants" seraient obligés d’adopter une politique d’austérité encore plus sauvage que celle au sein de l’UE, encore plus de plans sociaux, afin de faire concurrence à l’échelle mondiale aux autres pays et aux méga-sociétés.

La plupart des réponses avancées au sein du mouvement anti-mondialisation sont également inutiles. Aux USA, on propose de réduire la taille des grandes sociétés, de créer un réseau de petites entreprises locales. Mais on reste toujours dans la logique de l’économie de marché. En effet, ceux qui avancent cette politique veulent remplacer la jungle de l’économie mondiale réelle par le fantasme d’un jardin d’Eden composé de marchés locaux, égalitaires et basés sur les besoins des populations.

Mais depuis vingt ans, l’histoire de la "nouvelle" économie, celle de la haute technologie, a démontré que de la concurrence d’un grand nombre de petits capitalistes surgit toujours une poignée de grands capitalistes : c’est une loi fondamentale du capitalisme analysée par Marx.

Encore plus faible est la proposition de répondre à tous les besoins sociaux en taxant les flux de capitaux (la taxe Tobin), ou en obligeant le capital à rester lié à son économie "native". En réalité, ces politiques révèlent une attitude négative par rapport au concept de planification économique, illustré uniquement par l’exemple des pays de l’Est. Mais ces économies se sont effondrées non pas parce qu’il est impossible de planifier, mais parce qu’elles étaient dirigées par une bureaucratie dictatoriale et corrompue, qui refusait d’impliquer les travailleurs dans la planification, isolée qu’elle était par son refus d’étendre la révolution vers les métropoles impérialistes.

Parler d’une "autre Europe", ou du besoin d’une "alternative" sans plus de précision, ne nous mènera pas vers le mouvement massif mondial nécessaire à la destruction du capitalisme mondial et de l’impérialisme, à l’élimination sur la planète des épidémies, des famines et des catastrophes écologiques qui la menacent. Des réponses concrètes doivent être données et nous avons besoin de la mobilisation consciente et démocratique de tous ceux qui travaillent, autour d’un plan planétaire. Nous pouvons commencer le procès du capitalisme mondial ici en Europe.

Pour les travailleurs, les jeunes et les immigrés, la seule solution réelle est de prendre le contrôle des ressources et des richesses créées par les travailleurs du continent. Pour ce faire, il faut aller de l’avant. Cela veut dire qu’il faut dépasser nos mouvements ouvriers isolés.

Dans les années à venir, nous nous trouverons à la croisée des chemins : soit une intensification de l’exploitation et de l’oppression, soit l’unification d’une lutte des classes militante, à l’échelle continentale. La défaite sera inévitable si nous n’abandonnons pas la vieille stratégie des partis communistes ou de l’aile gauche des partis sociaux-démocrates, socialistes ou travaillistes. Un mouvement ouvrier lié aux "patrons républicains" contre l’UE, qui ne construit pas la solidarité avec les travailleurs des autres pays d’Europe se trouvera désarmé et affaibli sur les plans politique et organisationnel.

Nous ne pouvons pas non plus adopter la position "pro-européenne", en réalité impérialiste, de Schroeder, Jospin, Blair ou d’Alema. Les travailleurs ne doivent pas sacrifier leur vie aux diktats de la Banque Centrale Européenne, ou des bourses de Paris, Londres et Francfort. Nous ne devons pas nous aligner sur une politique européenne dont l’objectif est de piller encore plus les économies des pays en voie de développement. Nous ne devons pas appuyer une "force de défense européenne" qui va bombarder et terroriser tous les pays qui refusent sa domination.

Nous, les travailleurs d’Europe, devons dépasser la politique d’unification avancée par les patrons. Nous devons construire un nouveau mouvement ouvrier européen, indépendant de la bourgeoisie. Ce nouveau mouvement ouvrier sera un maillon d’une chaîne globale d’action et de défense des intérêts des travailleurs.

Nous pouvons le faire parce que nos aînés l’ont fait par le passé : dans les années 1860, 1890 et 1920, les travailleurs européens ont lancé des organisations internationales puissantes qui ont touché les travailleurs de tous les continents.

Si la mondialisation du capital représente une menace, la seule réponse est la mondialisation de la classe ouvrière. Les fédérations syndicales nationales doivent se rassembler au sein d’un seul mouvement syndical européen. Les millions de chômeurs doivent y trouver leur place. Chaque entreprise doit élire un conseil de délégués, élus et révocables. Les jeunes, les femmes et les immigrés doivent également construire leurs mouvements de masse démocratiques afin de lutter pour leurs droits.

Par l’action concertée à l’échelle continentale, nous pouvons empêcher les grandes sociétés multinationales d’attaquer les salaires et les conditions de travail, d’affaiblir voire d’abolir les droits syndicaux et l’organisation ouvrière dans les entreprises. Par l’action à l’échelle continentale, nous pouvons abattre les plans des dirigeants européens qui visent l’affaiblissement des acquis sociaux.

Par l’action commune des travailleurs d’Europe occidentale et orientale, nous pouvons empêcher les patrons de réduire salaires et acquis sociaux à l’Ouest d’un côté, tout en créant de l’autre côté un capitalisme subordonné, basé sur des bas salaires, à l’Est.

En fournissant une aide concrète aux travailleurs de la Russie et d’Europe de l’Est, nous pouvons contribuer à l’organisation des travailleurs dans leurs entreprises, à l’établissement de puissants syndicats et de partis politiques. Ainsi, nous pouvons bloquer les plans des multinationales qui visent à délocaliser les entreprises de manière répétée, toujours à la recherche des régions où les droits syndicaux et démocratiques sont faibles et les salaires bas.

Mais notre objectif doit dépasser la routine des luttes défensives. Nous devons avancer une alternative au capitalisme.
Cette alternative n’est pas une "autre" Europe, vague et sans contours, et encore moins l’utopie réactionnaire d’un patchwork d’Etats indépendants. La seule perspective durable et réelle est celle des Etats-Unis Socialistes d’Europe, ouverts aux exploités et opprimés de toute la planète.

Ce programme, proposé par notre organisation internationale, la Ligue pour une Internationale Communiste Révolutionnaire, est précisément celui qu’il nous faut. Mettons le en oeuvre dans nos luttes quotidiennes, dès maintenant !

La classe ouvrière européenne doit lutter pour des mesures qui exposent et mettent au défi l’échec d’un système basé sur la possession de la classe capitaliste, pour un programme qui mobilise la classe ouvrière et la prépare à prendre le contrôle de l’économie, à saisir le pouvoir d’Etat dans le cadre d’une révolution socialiste européenne. Un tel programme doit prendre comme point de départ les besoins majeurs des travailleurs et leurs luttes actuelles. Il doit unir les travailleurs de tout le continent dans une lutte commune et les orienter vers l’expropriation des milliardaires parasitaires et des sociétés multinationales, ainsi que vers la destruction de l’appareil répressif qui protège leurs richesses.


Un programme d’action :
pour les Etats-Unis Socialistes d’Europe !

Emploi

• Des millions de chômeurs en Europe veulent travailler :
Réduction des horaires, des mauvaises conditions de travail stressantes pour les travailleurs. Répartition du travail disponible entre tous ceux qui sont capables de l’effectuer.

• 35 heures tout de suite, partout en Europe, sans perte de salaire ni flexibilité. Toute société qui licencie ou qui ferme des sites doit être nationalisée sous contrôle ouvrier sans indemnité ni rachat. Ceci doit être la première étape vers la création d’une économie planifiée démocratiquement et en même temps une école de gestion de la société par les travailleurs.

• Pour un salaire minimum horaire européen de 10 Euros. Pour un revenu minimum pour les chômeurs égal au 2/3 du salaire minimum. Salaire égal pour tous les travailleurs, hommes et femmes, immigrés ou non, jeunes ou adultes. Plein salaire pour les apprentis et les stagiaires, dès le premier jour de travail.
• Non à la précarité ! Contrats avec interdiction du licenciement dès le premier jour ! Tous les salariés en Europe doivent avoir les mêmes droits légaux : protection contre les licenciements, congés payés, plein salaire lors des arrêt maladie, congé maternité, retraites. Partout en Europe, ces droits doivent être ajustés par le haut. Equivalence des qualifications et des diplômes à l’échelle continentale.

Services publics

• Non à la privatisation. Non aux sociétés mixtes publiques-privées. pour un impôt fortement progressif sur la richesse afin de payer les services publics : transports, services de santé et éducation de qualité et en nombre suffisant pour tous ! Pour la renationalisation de toutes les entreprises et services privatisés, sans indemnité ni rachat, et sous contrôle ouvrier. Empêchons l’Union européenne (UE) de signer des traités avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui diminuent les conditions de travail et qui ouvrent la santé ou l’éducation à la privatisation !

• Pour un plan européen afin d’améliorer le transport, les services sociaux, la santé, l’éducation et la culture, et pour restaurer l’environnement. Un tel programme doit être réalisé sous contrôle ouvrier, et payé par les profits patronaux.

• Imposons les riches. Abolition de toute taxation indirecte, en particulier la TVA. Pour son remplacement par des impôts sur les profits et les richesses et un impôt fortement progressif sur les salaires. Pour le contrôle ouvrier dans les entreprises et les banques et l’abolition du secret commercial, afin d’empêcher toute évasion des impôts ou des transferts de fonds vers des paradis fiscaux. Confiscation des fortunes de tous ceux qui tentent d’échapper aux impôts.

• Défense des services sociaux et de l’éducation. Pour le contrôle ouvrier sur les fonds d’allocations et de retraites, publics et privés. Pour un revenu de retraite garanti au niveau du salaire moyen. Pour le nivellement par le haut à l’échelle européenne des meilleures services de santé et de sécurité sociale. Pour une retraite sûre et garantie pour tous !

Oppression sociale

• Pleins droits civiques, économiques et sociaux pour les jeunes. Allocation d’études, au niveau du salaire minimum, pour tous les lycéens et étudiants, pour qu’ils puissent étudier dans les meilleures conditions. Libre circulation des étudiants et des lycéens entre les établissements à l’échelle continentale. Pleins droits civiques, économiques et sociaux pour les jeunes. Droit de vote dès 16 ans. Abrogation de toute peine pour rapports sexuels entre mineurs consentants. Des équipements sportifs et culturels, payés par l’État et les collectivités locales, sous le contrôle des jeunes.

• Les jeunes ne doivent pas devenir une réserve de chômeurs ou de travailleurs mal payés et inorganisés, utilisée par les patrons afin de miner les acquis ouvriers. Pleins salaires et pleins droits aux congés payés pour les jeunes travailleurs. Aucun contrat précaire ! Titularisation pour tous. Salaires et allocations doivent être perçus par les jeunes à taux pleins.

• Crèches accessibles 24h sur 24, payées par l’Etat et les patrons. Les femmes doivent contrôler leur corps : contraception et avortement libres et gratuits. Au moins 12 mois de congé maternité/paternité. Plein droit au travail pour les travailleurs à mi-temps. Il faut réaliser le principe : à travail égal, salaire égal. Mettons fin aux violences faites aux femmes à la maison comme ailleurs et à l’acceptation de cette violence par la police et la justice. De l’argent pour augmenter le nombre de refuges des femmes et des enfants.

• Dans la plupart des pays d’Europe, les homosexuel(le)s sont toujours aujourd’hui victimes de persécutions légales, du harcèlement policier et de discriminations patronales. Mettons fin aux discriminations, pour une pleine égalité légale, y compris un statut légal pour les couples - équivalent au mariage civil -, avec adoptions des enfants, et des droits égaux en matière de logement et d’assurance-vie.

• Contre toute limitation du mouvement des travailleurs en Europe. Pour l’ouverture des frontières. Non à Schengen et à TREVI ! Contre tout contrôle de l’immigration. Aucune restriction sur le droit des immigrés de travailler ou de vivre en Europe. Plein accès aux allocations pour les immigrés, aucune restriction des droits sociaux et politiques. Pleins droits de citoyenneté pour tous ceux qui vivent en Europe, dont le droit de vote. Aucune restriction au droit d’asile.

• Contre la violence raciste et la discrimination raciale. Pour le droit à l’autodéfense face aux attaques policières, contre la violence de l’extrême droite et des fascistes. Mobilisons le mouvement ouvrier pour écraser les fascistes. Combattons l’ensemble des fronts fascistes ou des partis racistes. Virons les fascistes et les racistes actifs du mouvement syndical.

Environnement et impérialisme

• Non à la politique agricole commune. Elle n’est qu’un moyen pour appuyer l’une des bases principales des grands partis bourgeois - les propriétaires terriens, les grands et moyens exploitants agricoles - aux frais des contribuables ouvriers et petits-bourgeois. Aucune subvention aux capitalistes agraires ni à l’industrie agro-alimentaire. Des crédits à taux zéro pour les paysans pauvres, soutien aux coopératives agricoles, investissement dans les machines. Les travailleurs agricoles doivent toucher le salaire industriel moyen et jouir des pleins droits syndicaux et sociaux.

• L’agriculture européenne doit être complètement réorganisée et planifiée dans l’intérêt des producteurs, des petits paysans, des travailleurs agricoles et des consommateurs. L’environnement doit être préservé et restauré là où il a été dévasté par la production industrielle et agricole.

• Aucune introduction des OGM au sein de l’environnement ne doit être effectuée sans tests scientifiques approfondis, effectués indépendamment des gouvernements capitalistes et de l’industrie agro-alimentaire, ni sans essais sûrs. Seule la population, une fois bien informée, peut prendre une décision démocratique sur l’introduction ou non de tels organismes. Expropriation des grands monopoles agraires, des grandes propriétés, de l’industrie agro-alimentaire et des hypermarchés, sans indemnité ni rachat.

• Contre tout système de subvention pétrolière aux sociétés routières de l’UE. Pour un système uniforme des impôts liés à l’utilisation des routes dans toute l’Europe. Pour un programme massif d’investissement européen dans le transport ferroviaire.

• Les travailleurs doivent lutter pour la fermeture à l’échelle continentale de toutes les centrales nucléaires, dans le cadre d’une politique qui abandonne la dépendance vis-à-vis du nucléaire. Fermeture de la centrale Temelin en République tchèque qui ne fonctionne pas encore. dans le cas où des Etats voulant diminuer leur dépendance vis-à-vis du nucléaire se tournent vers l’UE, celle-ci doit leur livrer de l’électricité à bon marché. Les travailleurs de l’industrie nucléaire doivent être réorientés vers la recherche sur la fusion nucléaire ou transférés vers un travail socialement utile sans perte de salaire ou diminution de leurs conditions de travail.

• Les centrales qui utilisent du charbon, du pétrole et du gaz doivent réduire de manière drastique leur production des gaz carboniques et autres polluants. Pour l’abandon planifié de la consommation des énergies fossiles, vers la production d’énergies renouvelables, y compris l’énergie solaire, les éoliennes, les usines marémotrices. Non à la privatisation de la production d’énergie ou des sociétés d’eaux - pour la (re)nationalisation de telles sociétés sous contrôle ouvrier, sans indemnité ni rachat. Ouverture des livres de compte de toutes les sociétés d’énergie à l’inspection par les communautés et des travailleurs. Droit de veto populaire sur toute production nuisible à la santé.

• Non à l’OTAN et à l’Union Européenne de défense ! Pas un sou, pas une personne pour la défense de l’Union Européenne ! Réorientation des milliards dépensés pour la défense du système patronal dans la lutte contre le chômage et la pauvreté. Dissolution des forces armées, de la police, des services secrets, et organisation de leur remplacement par le peuple en armes. KFOR hors des Balkans ! Aide économique immédiate et sans conditions à la Serbie ! Non aux sanctions contre l’Irak.

Luttes ouvrières

• Abrogation de toutes les lois antisyndicales. Aucune limitation du droit de grève. Aucun préavis de grève. Plein droit d’organiser des grèves de solidarité. Plein droit de syndicalisation pour les travailleurs. Pour des occupations et des grèves afin de repousser les fermetures, les lock-out et les privatisations. La grève de Cellatex a montré la voie ! Organisons la solidarité avec tous les autres travailleurs et chômeurs. Droit de faire des grèves politiques et des grèves générales dans tous les pays de l’Europe et à l’échelle continentale.

• Les luttes ouvrières doivent être contrôlées par la base. Pour des assemblées générales et des comités de lutte élus et révocables par la base. Pour la création de comités d’action travailleurs-chômeurs.

• Pour un mouvement de chômeurs à l’échelle européenne. Tous les chômeurs doivent avoir le droit de se syndiquer.

• Pour des syndicats à l’échelle européenne, à commencer par ceux des sociétés multinationales, et une campagne pour le nivellement par le haut des salaires, des droits sociaux et de la réduction des heures du travail. La base doit contrôler les syndicats ! Brisons l’emprise de la bureaucratie - tout dirigeant syndical doit être révocable et ne toucher que le salaire moyen des syndiqués !

• Forgeons la solidarité active entre le mouvement ouvrier en Europe occidentale et celui en Europe de l’Est. Pour l’organisation syndicale et des négociations communes au sein des multinationales telles que Volkswagen, Siemens ou les banques. Vive la solidarité ouvrière internationale - le mouvement ouvrier occidental doit aider le nouveau mouvement ouvrier d’Europe de l’Est.

• D’instruments de collaboration de classe, les diverses formes de comités d’entreprise que l’on trouve en Europe doivent être transformés en conseils démocratiques, composés de délégués révocables - des instances de la lutte des classes et du contrôle ouvrier. Aucune restriction à la possibilité des délégués du personnel de rapporter les discussions des comités d’entreprise. Construisons des liens entre les travailleurs des sociétés multinationales. Pour des comités inter-sites et internationaux, rassemblant les travailleurs des sociétés multinationales.

• Fin du secret commercial et bureaucratique. Ouverture des comptes et des fichiers informatiques des banques, des entreprises, de l’État et de la bureaucratie européenne à l’inspection par les travailleurs et la population.

• Expropriation des grandes banques, industries, groupes de communication et médias, grandes exploitations agricoles et des grandes sociétés de distribution. Pour leur coordination au sein de plans intégrés à l’échelle européenne, nationale, régionale et locale. Le plan doit être démocratiquement décidé par les travailleurs et les consommateurs et soumis à la gestion ouvrière en ce qui concerne la production et la distribution.

Solidarité, démocratie, révolution

• Solidarité avec les pays exploités par les banques et les sociétés multinationales européennes. A bas la Convention de Lomé qui condamne les pays du "Tiers Monde" à l’esclavage économique. Non aux interventions militaires, qu’elles soient conduites par l’OTAN ou l’OSCE, qui visent à soutenir des alliances militaires ou l’exploitation menée par les sociétés européennes minières, pétrolières ou agro-alimentaires. Pour l’annulation totale et inconditionnelle de la dette de ces pays envers les banques et les Etats européens.

• A bas toute restriction sur l’entrée des pays de l’Europe du Sud et de l’Est au sein de l’Union européenne. Pour l’application immédiate et totale dans ces Etats de tous les droits démocratiques qui existent au sein de l’UE.

• Mettons fin à l’oppression nationale, pour le droit à l’autodétermination de tous les peuples opprimés de l’Europe. Pour le droit de toutes les minorités de se servir de leur propre langue ! Mettons fin à l’oppression des Roms ! Pour la libération de tous les prisonniers séparatistes Basques ! Pour l’abolition de la RUC - la police d’Irlande du Nord, non à la discrimination contre les catholiques ! Troupes britanniques hors de l’Irlande du Nord ! Pour le droit des Kosovars et des Tchétchènes à des Etats indépendants. Non à la persécution de la minorité serbe au Kosovo ! Non à la discrimination contre les Russes dans les pays baltes !

• A bas la Commission européenne non-élue, la Banque centrale européenne et la Cour de justice européenne. A bas les monarchies d’Europe, les présidences, les Sénats, la Chambre des Lords et les conseils fédéraux qui bloquent la volonté du peuple.

• Pour l’élection d’une Assemblée constituante souveraine européenne, élue par tous les résidents permanents de l’Union européenne âgés d’au moins 16 ans. A bas les traités de Rome et de Maastricht qui incarnent le pouvoir du capital. Si, sous la pression des masses, une telle assemblée agit contre le capital, la classe ouvrière doit être prête à briser la résistance du capital et de ses forces d’Etat.

• Aucun parlement ne peut prendre des mesures efficaces pour l’expropriation des exploiteurs ou pour détruire la machine oppressive qui défend les possédants - armée, police, forces secrètes. Seule une révolution peut réellement amener la classe ouvrière européenne au pouvoir - à travers des organisations basées sur des délégués élus directement dans les entreprises et les quartiers et défendues par la population en armes. La forme étatique du pouvoir ouvrier en Europe doit être celle des Etats-Unis Socialistes d’Europe - luttant pour la révolution mondiale !


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