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29 octobre 2000
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Victoire de la nouvelle Intifada !

Manifestants contre blindés et hélicoptères de combat : depuis des semaines, la révolte - Intifada - secoue à nouveau les territoires occupés de Cisjordanie et Gaza.

Des dizaines de milliers de jeunes occupent la rue qui s’est transformée en champ de bataille. Des enfants de 9 à 12 ans, des adolescents sont chaque jour abattus par l’armée sioniste.

Le processus de paix porté par Arafat et le gouvernement palestinien n’a rien apporté aux masses palestiniennes pas même le semblant de "mini-Etat" éparpillé, sans réalité géographique ni économique qui était la base des accords passés avec Israël.

L’occupation sioniste n’a pas cessé et la vie des palestiniens n’est que misère, pauvreté et oppression. Mais aujourd’hui, les palestiniens sont las de nouveaux compromis avec l’occupant et rejettent en masse toute nouvelle concession.

Il aura suffi d’une étincelle pour que la révolte palestinienne déborde les dirigeants bourgeois comme Arafat. Le leader de droite israélien Sharon a voulu provoqué les fidèles musulmans en se rendant avec ses partisans à l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem - lieu sacré de l’islam. Ce bourreau des camps palestiniens au Liban-Sud, alors sous occupation israëlienne a voulu signifier aux palestiniens qu’ils n’auraient aucun contrôle sur Jérusalem-Est.

La réaction ne s’est pas fait attendre : des milliers de palestiniens ont répondu à cette provocation par la seule voie possible pour obtenir leur droit démocratique légitime à disposer de leur Etat : la rébellion.

Ce sont donc les masses qui font bouger les choses et non Arafat avec ses prétendus appels à la paix stérile avec l’occupant. On ne fait pas la paix avec un Etat raciste comme Israël, on le combat.

Depuis 1947, les sionistes occupent la terre de Palestine, entassent les réfugiés dans des camps dans des zones désertiques, nient tout droit démocratique aux palestiniens, avec le soutien sans faille des impérialistes US et la bienveillance des Nations Unies.

L’ONU, malgré des résolutions de façade condamnant l’Israël, s’est bien gardé de faire quoique ce soit de plus afin de faire respecter les droits des Palestiniens. Il est vrai que cela gênerait les impérialistes et leur ordre mondial dans une région - le Moyen-Orient- qui est capitale pour leur domination mondiale, en particulier à cause de la production du pétrole.

Ainsi, tant que l’occupation perdure, la paix n’est qu’une illusion.

Mais la question palestinienne n’est pas qu’une question nationale, c’est aussi une question de classe. La bourgeoisie sioniste israëlienne exploite les travailleurs palestiniens des territoires occupés en Israël même tout en leur niant le droit de vivre dans ce pays.

Quant aux arabes israéliens qui forment une grande partie de la classe ouvrière, ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Les travailleurs juifs, eux, bénéficient d’avantages considérables et d’un traitement de faveur qui font d’eux l’aristocratie ouvrière de ce pays.

C’est pourquoi le sionisme, cette idéologie bourgeoise et raciste a réussi pour le moment à acheter la majorité des travailleurs juifs et à faire l’unité nationale derrière sa bourgeoisie.

Pourtant, s’ils veulent réussir leur propre libération, les travailleurs juifs doivent rompre la collaboration de classe qui les lient à leurs patrons et aux colons juifs.

Déjà, les arabes israéliens, peu mobilisés d’habitude sur la question nationale, descendent dans la rue pour protester contre la répression dans les territoires occupés. Ces travailleurs pourraient bloquer l’économie du pays par une grève générale de protestation en liant à leur mouvement les travailleurs juifs.

Mais actuellement le centre de la révolte se situe dans les territoires occupés.

Le fait le plus marquant de ces dernières semaines est la condamnation des trahisons d’Arafat par les masses elles-mêmes. Son propre parti, le Fatah, l’a désavoué dans sa recherche d’un ultime accord à Charm-el-cheikh en Egypte.

Des officiers et des hommes de sa police refusent de ramener l’ordre dans les territoires, se joignant même aux émeutiers. Les opposants de toujours aux processus de paix dirigent actuellement le mouvement montrant ainsi qu’Arafat ne détient plus la direction politique des palestiniens.

Ce front du refus, aussi disparate soit-il, peut être le point de départ d’une rupture de l’alliance entre classes que constitue l’OLP. Pour ce faire, il faut absolument que la classe ouvrière palestinienne se forge une organisation politique, un parti ouvrier. Nous pensons qu’un tel parti, devrait être armé d’un programme révolutionnaire et étendu au prolétariat juif afin de mener à bien la lutte sociale et la lutte nationale.

Il est donc évident que les révolutionnaires ne peuvent soutenir politiquement certaines de ses composantes comme les groupes islamistes qui sont aussi racistes avec les juifs que les sionistes le sont avec les arabes.

Nous rejetons le fondamentalisme religieux du Hamas, du Djihad islamique et du Hezbollah comme nous condamnons fermement les attentats anti-juif en France parce que les juifs ne sont pas nos ennemis comme ils ne sont pas les ennemis des palestiniens.

Par contre nous sommes aux côtés de ceux qui combattent contre le sionisme et pour le droit du peuple palestinien à disposer de son avenir, à disposer de son indépendance et de ses terres.

La nouvelle Intifada est le point de départ du combat contre l’occupation des terres palestiniennes par l’Etat israélien mais elle doit se fixer l’objectif de la destruction de l’Etat sioniste, et de la création d’un Etat ouvrier dans toute la Palestine, partie intégrante d’une fédération socialiste du Moyen-Orient où travailleurs arabes et juifs exerceraient leur pouvoir sur l’ensemble de la société.



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