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Pour un troisième tour social !Construisons le nouveau parti des travailleurs !Les résultats du premier tour ont vu sans surprise Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal obtenir des scores importants et passer au deuxième tour. La gauche « antilibérale », en ordre dispersé avec pas moins de cinq candidats, doit se contenter d’un maigre score malgré les récentes vagues de lutte et les espoirs suscités par la candidature unitaire. Toutefois, malgré le succès apparent des tenants d’une solution néolibérale, et quelque soit le résultat du deuxième tour, nous ne sommes pas condamnés à accepter passivement cinq ans d’attaques contre la classe ouvrière. Nous pouvons réagir et riposter si nous tirons le bilan de cette campagne, si nous comprenons les raisons de nos échecs et si nous nous organisons en créant une nouvelle force politique anticapitaliste. Sarkozy, qui voudrait devenir le Thatcher français, représente un danger grave pour la classe ouvrière. Pour capter les voix du FN, il a même proposé un Ministère de l’Immigration et l’Identité Nationale. Comme si les immigrés représentaient une menace quelconque pour une prétendue identité nationale ! Encore une fois, il essaye de faire passer le mensonge selon lequel chômage, bas salaires, crise du logement, tous fléaux dus au capitalisme, seraient la faute de nos camarades immigrés. Malgré son score historiquement bas à 11%, Le Pen est toujours là pour distiller son venin raciste. Ses idées racistes ont gagné en audience et crédibilité à travers la campagne de Sarkozy. Encore une fois, nous devons tout faire pour empêcher les patrons d’utiliser les mensonges racistes pour mieux nous diviser. Ségolène Royal, dont les modèles politiques sont Tony Blair et José-Luis Zapatero, a récolté par millions les voix des travailleurs qui veulent stopper Sarkozy. Cela va se reproduire et même s’amplifier au deuxième tour, malgré son programme, où les très timides réformes sont noyés dans les mesures néo-libérales (comme son objectif de « réconcilier les Français avec les entreprises » !). Division et confusion à gauche Au delà de la division de la gauche radicale, ce qui est encore plus regrettable est qu’aucun candidat n’ait proposé une perspective de lutte et de confrontation avec la bourgeoisie et son état réactionnaire. Arlette Laguiller a présenté un programme qui, selon ses propres mots, n’a rien de révolutionnaire, à la recherche d’un utopique « équilibre entre la classe capitaliste et les travailleurs ». Alors que le racisme a été un thème majeur de cette campagne ainsi que de la lutte de classe des dernières années (révolte des banlieues, RESF), LO a passé sous silence ces luttes significatives et s'est cantonné au seul terrain économique. Pour des raisons différentes, les travailleurs ont décidé de ne pas faire confiance ni à Marie-Georges Buffet ni à José Bové. La première a essayé de faire oublier que son parti a été au gouvernement à plusieurs reprises et a cautionné la politique néolibérale (privatisations, emploi-jeunes …) du PS. Toutefois, la façade de la «gauche populaire et antilibérale » n’a trompé personne. Avec 1,94% des voix, le PCF est désormais proche de la fin, condamné historiquement tout comme le mouvement stalinien international dont il fait partie. Quant à José Bové, il a payé pour une tactique pour le moins ambiguë face aux collectifs unitaires ainsi qu’une campagne qui ne proposait aucune perspective au delà des critiques contre Buffet et Besancenot. La LCR, tout en ayant un programme réformiste de gauche pas très différent de celui de Bové ou de Buffet, a clairement récolté les voix des travailleurs et des jeunes qui ont vu en Besancenot le porte-parole des luttes sociales. En effet la LCR, malgré son programme inadéquat et son opportunisme envers le PCF et les « altermondialistes » dans la triste saga de la candidature unitaire, s’est clairement démarquée par les raisons suivantes : elle n’a pas été complice du PS au gouvernement et a explicitement refusé de faire partie d’un tel gouvernement néo-libéral. A la différence de LO, elle a soutenu les jeunes dans le mouvement contre le CPE ainsi que dans la révolte des banlieues. C’est notamment pour ces raisons, que nous avons appelé à un vote pour Besancenot lors du premier tour, tout en critiquant les insuffisances du programme de la LCR. Quelle tactique face à Royal ?Les révolutionnaires ne doivent pas alimenter l’illusion que Royal soit un « moindre mal » par rapport à Sarkozy. Tout ce qu’elle veut c’est obtenir un maximum de consensus des travailleurs pour mieux leur imposer son programme néolibéral. Elle compte notamment sur le soutien des syndicats. Pour ces raisons, l’ennemi au sein de notre mouvement qui nous incite à nous rendre ou nous divise, est tout aussi dangereux que l’ennemi déclaré. Toutefois, malgré toute ses trahisons et sa dérive droitière, le PS reste ce que Lénine appelait un parti ouvrier bourgeois : avec un programme bourgeois mais avec des racines dans le mouvement ouvrier. A défaut d’une tactique plus percutante, comme celle de maintenir un candidat révolutionnaire au deuxième tour, (tactique inapplicable à cause de la constitution réactionnaire de la Vème République) les révolutionnaires doivent appeler à un vote critique pour Royal au deuxième tour. Ils doivent faire cela en lui adressant des revendications claires : augmentation immédiate du SMIC à 1500€ net, régularisation de tous les sans-papiers, abrogation du CNE et de tous les autres contrats précaires, arrêt des privatisations et expropriation sans indemnité de tous les services publics privatisés, un programme massif de construction de logement. De cette façon, ses vrais intentions serons mises à nu et les travailleurs comprendront le besoin de lutter contre son néolibéralisme. En faisant cela, les révolutionnaires disent à la majorité des travailleurs : "Nous n’avons aucune confiance en Royal mais nous votons avec vous au deuxième tour pour la mettre à l’épreuve du pouvoir. Nous voulons vous convaincre qu’elle n’est pas mieux que Sarkozy et qu’il nous faut un parti révolutionnaire. Nous vous mettons en garde contre les attaques qui se préparent, de Sarkozy comme de Royal, et nous essayons d’organiser la résistance contre celles-ci." Construisons ensemble le nouveau parti des travailleursIl y eu un développement positif lors de cette campagne. Ce sont les luttes des salariés pour les augmentations de salaires (Citroën Aulnay), contre les fermetures de sites (Airbus, Alcatel), des SDF pour un logement décent, des sans-papiers et de leurs soutiens contre les expulsions. Les travailleurs et les jeunes sont prêts à lutter pour défendre leurs acquis et pour battre en brèche les attaques. C’est qu’il nous manque, c’est un programme cohérent pour unifier ces luttes et pour les organiser démocratiquement par en bas, en empêchant les directions bureaucratiques de les saboter comme elles savent si bien le faire. Bref, il y a une terrible crise de direction qui peut être résolue seulement en créant un nouveau parti des travailleurs. Il ne s’agit pas d’un quelconque accord au sommet entre LCR, LO, PCF et Bové sur la base d’un vague commun dénominateur et de beaucoup d’ambigüités. Cette méthode ne marche pas et l’échec de la candidature unitaire nous le démontre. Il s’agit plutôt de mettre en avant les revendications urgentes de la classe ouvrière. Il s’agit de construire ce parti dans les luttes, de mobiliser les travailleurs, la jeunesse et les immigrés, de donner une direction claire, une perspective à nos combats. Nous pensons que les résultats du vote donnent une responsabilité particulière à la LCR pour organiser cette nouvelle force. La LCR peut être une force motrice de ce nouveau parti à condition de rompre avec la pratique bancale des accords au sommet. Elle est en mesure de lancer des meetings dans chaque ville pour discuter du parti qu’il nous faut et comment nous organiser. Cela peut être le point de ralliement de notre mouvement de résistance. Nous pensons que les révolutionnaires doivent lutter pour que ce nouveau parti soit fondé sur un programme révolutionnaire et pour qu’il devienne la section d’une nouvelle internationale, la Cinquième, pour mettre fin à la globalisation capitaliste et à la guerre impérialiste. Lire aussi notre position lors du premier tour 27 avril 2007 | |||||||||||||