Arbeitermacht
Liga für die fünfte Internationale




Organisons la riposte générale de tous les travailleurs !

Tous ensemble stoppons Sarkozy !

La grève d’aujourd’hui est la première occasion pour les travailleurs de riposter aux provocations et aux attaques brutales du président et de son gouvernement. Depuis son élection, Nicolas Sarkozy n’a pas perdu de temps. Au mois de juillet, il faisait adopter son paquet fiscal, un gigantesque cadeau aux plus riches, avec la quasi suppression de la taxe de succession, du « bouclier fiscal » ramené à 50 % des revenus, de la défiscalisation des heures supplémentaires. Alors qu’on évoque sans cesse le trou de la Sécu, ces cadeaux ont coûté la fortune de 13 milliards aux caisses de l’Etat !

Pour les masses la seule mesure prévue est la franchise sur les dépenses médicales, ce qui rendra encore plus difficile pour des millions de travailleurs de se soigner correctement. Ces mesures révèlent bien toute la politique du nouveau président : prendre aux pauvres pour donner aux riches.

Parallèlement, Sarkozy s’en est pris au droit de grève en instituant le service minimum. Il s’agit bien de rendre plus difficile et moins efficace la forme de lutte que tout le patronat redoute. C’est aussi que Sarkozy a dans sa hotte plein de mauvaises surprises pour tous les travailleurs : comme l’ouverture de négociations sur le contrat unique, la suppression de 18000 postes de fonctionnaires, la privatisation de GDF, la « réforme » des universités, une préparation à un système à deux vitesses, voire à leur privatisation. Et pour nos camarades immigrés, ce sont des nouvelles rafles et des expulsions massives.

Aujourd’hui, nous manifestons contre la remise en cause des régimes spéciaux de retraite, mais nous savons pertinemment que ce qui se prépare est une remise en cause de toutes les retraites, avec le passage programmé à 41 puis 42 annuités. Autant dire que nous serons obligés de travailler jusqu’à la fin ou bien de survivre avec une retraite de misère.

Ces attaques forment un ensemble cohérent. Si Sarkozy gagne, il aura réussi à avancer très rapidement vers un Etat qui n’assure que des fonctions répressives (police, prisons), où les salariés auront le seul droit de se faire exploiter en silence, où les services publics seront réduits comme une peau de chagrin et santé, retraite, école seront des marchandises comme des autres. Il suffit de regarder vers les USA pour voir les dégâts et les énormes souffrances produites par ce néolibéralisme sauvage.

Nous devons refuser cette logique et ce système qui organise l’exploitation, la misère et la précarité pour tous.

Quelle direction ouvrière ?

Pendant que Sarkozy attaque violemment, les organisations du mouvement ouvrier sont tétanisées. Nous ne reviendrons pas sur les notables socialistes attirés par les quelques strapontins offerts par Sarkozy. Après tout, ils continuent de servir le système capitaliste et ses maîtres, hier comme aujourd’hui. Ce qui compte ce que ces dirigeants n’ont rien à proposer aux travailleurs si ce n’est d’attendre 2012. Les plus « combatifs » nous promettent une campagne aguerrie pour …les municipales de l’année prochaine ! Bref, ce n’est pas avec eux que nous pourrons mobiliser nos forces et organiser un mouvement de résistance contre la déferlante néolibérale.

Si les dirigeants syndicaux appellent à la grève aujourd’hui, il faut être conscient de la faiblesse de l’unité syndicale et des vrais objectifs de certaines directions. Nous nous souvenons des sourires et des accolades sur le perron de l’Elysée entre Mailly, Chéreque et Thibaut d’une part, Sarkozy et Fillon de l’autre. Si l’un ou l’autre hausse le ton sur la réforme des régimes spéciaux de retraite et menace d’un « mouvement social majeur », c’est surtout pour qu’on lui donne un peu de grain à moudre, un petit lot de consolation, alors que les travailleurs se font spolier de leurs acquis.

La CGT, soucieuse avant tout de ne pas rester isolée, va elle aussi participer à des négociations sur le contrat unique (un avatar du CPE, réclamé par le MEDEF et généralisé à tous les travailleurs !) qu’il faudrait plutôt boycotter par la grève.

Organiser la résistance

Qu’ils prétendent être nos dirigeants syndicaux ou politiques, nous ne pouvons pas leur faire confiance, c’est à partir de la base, par nous mêmes qu’il faudra organiser la résistance à Sarkozy. Si la victoire de celui-ci a démoralisé certains d’entre nous, c’est qu’ils ont les yeux rivés sur les joutes électorales plutôt que sur le terrain de la lutte de classe.

Non, ni Sarkozy, ni son gouvernement, ni son Etat ne sont tout-puissants. Encore l’année dernière ils reculaient honteusement face à un des mouvements les plus puissants qui aient secoué le pays, contre le CPE. Ce que nous avons fait alors nous pouvons le refaire aujourd’hui.

C’est qu’il nous faut, c’est de créer un puissant mouvement unitaire contre ces attaques. Nous ne devons pas laisser les luttes isolées, cantonnées à un seul secteur. La force du mouvement contre la CPE a été l’unité des étudiants, et ensuite des travailleurs, sur des revendications claires ainsi que l’auto-organisation de la lutte. Voilà pourquoi nous avons trois tâches importantes :

-- Aller au delà d’une grève de 24 heures et lancer une grève générale afin de repousser les attaques de Sarkozy.

-- Chercher le soutien dans un combat commun avec les travailleurs du privé. Régimes spéciaux, régime général, même combat !

-- Prendre le contrôle du mouvement à travers des comités de grève, des assemblées générales dans chaque entreprise, une coordination nationale du mouvement.

Comment renforcer et élargir le mouvement ?

Les militants de base des différents syndicats doivent exiger de leurs directions qu’ils continuent la lutte et l’étendent aux travailleurs du privé, aux précaires aux jeunes et aux chômeurs, pour impulser un mouvement large vers une grève générale contre tous les plans de Sarkozy et du MEDEF.

Un seul jour de grève ne suffira pas à faire céder le gouvernement. Nous ne laisserons pas enfermer dans le piège des journées d’actions qui épuisent le mouvement. C’est sur des revendications claires nous pourrons construire un vrai mouvement unitaire.

Touche pas aux régimes spéciaux ! Pour la retraite pour tous à taux plein avec 37,5 annuités !

Augmentation générale de tous les salaires de 300 € !

Non aux franchises médicales. Défense et extension des acquis de la Sécurité Sociale ! Remboursement à 100% pour tous.

Pour un programme massif de travaux publics, construction d’HLM, de lycées et d’hôpitaux, financé par l’argent des patrons.

Non à toute remise en cause du droit de grève. Boycottons les négociations sur le contrat unique et sur le code du travail. Le contrat unique doit finir à la poubelle, comme le CPE !

Non au racisme ! Abrogation de toutes les lois racistes. Egalité de droits pour tous les immigrés, ouverture des frontières ! Des papiers pour tous !

18 octobre 2007