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Non à l'austérité ! Un mouvement d'ensemble pour l'annulation de la dette !

Depuis 2007, le capitalisme est englouti dans une crise profonde, historique. Aujourd'hui, alors qu'on nous avez expliqué que le pire de la crise était derrière nous, nous assistons au contraire à son accélération. La bourse, semaine après semaine, bat tous les record de chute. Le scénario de la faillite d'un pays entier, la Grèce, est désormais une issue presque certaine. De même pour la faillite de certaines grandes banques européennes, comme Dexia. Un effondrement de l'euro est tout à fait possible.

Que s'est-il passé ? L'origine de tout cela n'est pas une prétendue financiarisation de l'économie. En effet, cela fait un siècle que le capital financier et le capital industriel ne font plus qu'un. L'origine de la crise se trouve dans la baisse du taux de profit, une tendance de fond du capitalisme. L'énorme expansion du crédit dans les années de la mondialisation n'a fait que repousser le problème sans le résoudre. Aujourd'hui, les patrons paniqués voient le système s'emballer et la menace d'un effondrement généralisé s'approcher.

Leur solution est simple : il s'agit de faire payer les frais de la crise à la classe ouvrière. Le débat de la dette cache un enjeu immédiat de la lutte de classe. Pendant les années de la croissance, les profits étaient pour les patrons, les banquiers et les financiers. On nous racontait que cela aurait créé les emplois de demain. Les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont réduit les impôts sur les riches, les profits et les grandes sociétés et ont financé le budget de l'état en s'endettant. Aujourd'hui, ils essayent d'utiliser l'argument de la dette pour pousser des dizaines de millions de travailleurs dans la misère. Mais qui a profité de la dette ? Pas les petits épargnants ni les travailleurs mais les grandes banques et les autres sociétés de la finance. Un seul exemple suffit : les intérêts sur la dette publique française correspondent à 40 milliards d'euros : c'est équivalent au budget de l'Education Nationale.

Un exemple de comment les patrons veulent résoudre la crise est donnée par la Grèce. Les salaires des fonctionnaires ont été réduits de façon dramatique, des dizaines de milliers sont menacés de licenciement. Les services publics sont démantelés ou privatisés. Les licenciements vont être facilités. La TVA a été augmentée. Résultat; dans un pays où les salaires étaient déjà très bas et le chômage massif, les travailleurs sont poussés de plus en plus vers la misère. Entre temps, ni les riches, ni les grands capitalistes (comme les armateurs), ni les vrais responsables de la crises qui sont les banques ne sont pas appelés à résoudre la crise qu'ils ont crée et dont ils profitent. Comme l'a dit un financier américain, il y a une vrai guerre de classe et les capitalistes sont en train de la gagner.

Néanmoins, les opprimés se révoltent. Les peuples du Maghreb se sont libérés de certains de leurs dictateurs. En Espagne, les indignés sont descendus dans la rue et font maintenant des émules aux USA. Il est possible de rejeter la misère qu'on nous prépare. En France, les travailleurs de Fralib ainsi que ceux de Florange se battent contre les fermetures de sites et les pertes d'emplois que cela entraîne.

Pour cela, il faut compter sur nos propres forces. Oui, la classe ouvrière peut repousser les attaques, à condition de comprendre clairement ce qui se passe et de ne pas se laisser endormir par ses propres dirigeants. Par exemple, tous les candidats du PS acceptent comme un fait inéluctable la politique d'austérité pour rembourser la dette. Mélenchon veut « résister » à Bruxelles mais il semble oublier que l'état français n'est pas un rempart contre le capitalisme, vu qu'il a été bâti comme son défenseur. Se retrancher dans les frontières nationales est une pure illusion, vu que nos intérêts n'ont rien à voir avec ceux de nos patrons. La CGT demande un autre partage des richesses mais ne veut pas remettre en cause le système. Ainsi, il s'agirait selon elle simplement de « contrôler les aides publiques aux entreprises ». Dans ses revendications, elle parle de « contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements » au lieu de demander plus simplement leur interdiction. Pire, nos dirigeants syndicaux nous appellent à manifester le 11 octobre, mais refusent d'envisager la suite, c'est-à-dire un mouvement d'ensemble contre toute la politique d'austérité.

Le PS et Front de Gauche ne font que préparer les élections de 2012 où ils espèrent revenir aux affaires. Mais il s'agira alors d'un simple changement de direction à la tête du même système. Hier, Jospin nous avez expliqué que l'état ne peut pas tout. Son gouvernement de la gauche plurielle, dont faisaient parti le PCF et un certain secrétaire d'état Jean-Luc Melenchon, a privatisé à tour de bras, a signé les accords néo-libéraux de Nice et de Lisbonne, a attaqué les acquis des travailleurs. Un gouvernement de François Hollande ou de Martine Aubry ne serait guère différent, et gérerait le système au profit des patrons et contre les travailleurs.

Tous ensemble il faut refuser toute politique d'austérité. Nous devons construire un mouvement d'ensemble basé sur un programme d'action qui répond aux exigences de la classe ouvrière:

non au démantèlement des services publics, hôpitaux, écoles, etc. Non aux suppression des postes dans l'Education Nationale.

Pour une augmentation des salaires. Les SMIC à 1600€ tout de suite.

Titularisation immédiate de tous les précaires, intérimaires, temps partiels etc.

Annulation de la « réforme » des retraite Sarkozy-Fillon. La retraite à taux plein à 60 ans pour tous .

Non aux fermetures des usines. Refusons les licenciements. Grève et occupation de tous les sites qui sont menacés. Solidarité avec les Fralib, les travailleurs de Florange, des fonderies du Poitou etc.

Pour obtenir satisfaction, nous devons exiger de nos responsables syndicaux qu'ils nous aident à construire un mouvement qui se batte pour ces revendications et rassemble travailleurs, précaires, chômeurs, jeunes. Mais nous devons garder à l'esprit ce qui s'est passé l'année dernière. Il y a un an la grève générale était possible et on aurait pu repousser la reforme des retraites. Mais nos dirigeants n'ont pas voulu le faire et ont laissé s'épuiser un mouvement très fort et très combatif. Cette fois-ci nous devons nous organiser par en bas, créer nos propres centres de décision et d'action, avec des collectifs interpro dans toutes les quartiers et toutes les villes, réunis en coordination nationale. Nous devons élire en AG nos délégués et ne pas nous laisser confisquer nos luttes.

Le NPA a un rôle déterminant à jouer dans ces luttes et dans ce mouvement s'il a l'audace de se concevoir comme une nouvelle direction pour les luttes et non simplement comme une force d'accompagnement des syndicats. La crise du capitalisme rend la formation d'un parti révolutionnaire la tâche du jour. L'aile gauche du NPA, au lieu de négocier avec l'ancienne majorité et de perdre du temps précieux dans des atermoiements, doit indiquer résolument le chemin à prendre pour les luttes et démarrer dès maintenant une campagne combative pour reconstruire le NPA avec une orientation vigoureuse vers la lutte de classe et l'enracinement dans la classe ouvrière.

Octobre 2011

Vous pouvez nous écrire à contact @ cinquiemeinternationale.org