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Réorienter le NPA vers un parti anticapitaliste de lutte de classeDerrière la crise grecque et puis celle de l'euro, se profile une guerre de classe sans pitié. Après le peuple grec, celui du Portugal, d'Espagne, d'Italie, ce sont les travailleurs français qui sont menacés par un plan de rigueur sans précédent se rajoutant aux attaques contre les retraites. Avec le gel des budgets annoncé par Fillon, le plan de rigueur de 100 milliards ne pourra que frapper de plein fouet les travailleurs du public, les services publics et au delà toute la classe ouvrière, entre autre par une réduction des allocations. Selon certains économistes, « une refonte de notre modèle social » est nécessaire. En clair, le capitalisme s'enfonce dans une crise historique. Les gouvernements ont sauvé de la faillite généralisée les banques et tous les requins de la finances. Aujourd'hui, les mêmes Etats sont au bord de la faillite et s'en prennent aux travailleurs. Si on les laisse faire, c'est bien les travailleurs qui paieront pour la crise d'un système qui n'est pas le leur. Par exemple, en Grèce, on évoque une baisse de pouvoir d'achat allant jusqu'à 30 %, frappant une classe ouvrière déjà parmi les plus pauvres du continent. Loin de bricoler des accords électoraux sans lendemains, loin de se focaliser sur un électoralisme qui ne mène qu'au réformisme, il est temps que le NPA se ressaisisse, reprenne le chemin des luttes et devienne le moteur d'un mouvement de résistance déterminée, basé sur la classe ouvrière et capable de stopper ces attaques. Aujourd'hui, il faut trancher entre un capitalisme dans une phase de crise et de destruction et une solution ouvrière à la crise. Aujourd'hui, ensemble, nous devons construire une nouvelle tendance au sein du NPA, basée sur une analyse commune du NPA et de sa construction, pour peser dans le combat du 2ème congrès, réorienter le parti vers la classe ouvrière et la lutte de classe. Le NPA, quel parti anticapitaliste ? Si on essaye de tracer un bilan rapide du NPA, il est important de souligner le pas en avant qu'il représente. D'abord, il a su mobiliser et organiser des milliers de militants radicaux dans tout le pays. Il a défendu une autre conception de la politique, basée sur la révolution et non sur les réformes. Il a surtout fait naître l'espoir d'une force politique qui se batte résolument du côté des travailleurs et de tous les opprimés. A ce titre nous pensons que le NPA est un événement majeur de la lutte de classe en France. Nous considérons donc que le NPA, au sein duquel nous militons et dont le processus de formation et de construction n'est pas achevé, est un acquis précieux que nous défendons et que nous cherchons à enraciner encore plus dans la classe ouvrière et dans toutes les luttes, les grèves et les autres formes de résistances contre le capitalisme. Néanmoins, il faut le dire, le bilan du NPA en terme d'actions, de campagnes militantes, et surtout comme force de mobilisation et de proposition est plutôt maigre. Depuis sa création, il a surtout accompagné le mouvement contre la crise capitaliste. S'il a apporté son soutien, visible et significatif, aux travailleurs en lutte contre les licenciements, il n'a pas pu, ou voulu, lancer un véritable mouvement national pour l'occupation des entreprises qui licencient. S'il a avancé parfois le mot d'ordre de grève générale, il n'a pas proposé aux travailleurs la tactique pour l'imposer dans tout le pays et notamment l'auto-organisation à la base contre les trahisons des bureaucrates syndicaux. Du point de vue politique aussi, le NPA n'a pas proposé un programme d'action clair pour intervenir dans les luttes. Lors des élections européennes et régionales, le NPA a présenté un programme politiquement faible, avec une série de réformes certes utiles mais dépourvues de potentiel anticapitaliste, de dynamisme pour mobiliser les travailleurs. Comprendre le réformisme pour le combattre Pendant de longs mois, le NPA s'est enferré dans des négociations avec le Front de Gauche en évoquant la nécessité d'offrir des perspectives politiques d'ensemble, sur le terrain des luttes comme des élections. Selon nous, ces discussions et le débat interne qui a suivi ont été marqués par une profonde incompréhension du réformisme et de comment le combattre. D'abord, nous ne pensons pas que le PCF et le PG soient foncièrement différents du PS. Il s'agit, dans des formes différentes, de partis ouvriers bourgeois, qui organisent et structurent des secteurs importants de la classe ouvrière et l'attachent à la gestion de l'Etat bourgeois, que ce soit au niveau local au national. Le PC a été l'allié fiable du PS depuis plusieurs décennies. Mélenchon a été ministre de Jospin et son modèle de parti, die Linke, participe avec la SPD à la gestion de certaines régions allemandes et y cautionne une politique néo-libérale. Pour lutter contre le réformisme, il faut combiner une critique ferme et sans complaisance de ses trahisons multiples avec une recherche déterminée de l'unité d'action, à tous les niveaux, à la base comme au sommet. Notre but doit être celui de mettre à jour les contradictions de ces partis, entre un discours anti-libéral voire parfois anticapitaliste et une pratique de gestion du système. Or justement ce n'est pas en imitant la politique de nos présumés partenaires réformistes que nous pouvons construire un NPA de combat. C'est cela la leçon à tirer des élections régionales. Les travailleurs se sont tournés vers les partis réformistes « historiques » pour infliger une défaite à Sarkozy. Le score du PCF et du PG est loin d'être négligeable. Au contraire, la campagne du NPA, dépourvue de contenu réel et voulant imiter le Front de Gauche, a été inaudible. Une revendication comme la gratuité de transport est loin de constituer à elle seule une riposte efficace à la crise capitaliste. Se cantonner au seule cadre de la politique régionale a été un piège que la direction du NPA n'a pas voulu éviter. Le NPA dans l'impasse La construction du NPA est aujourd'hui dans l'impasse. A la droite, les militants de la plate-forme C, dont la tendance C&A, ainsi qu'une partie de la majorité sont convaincus qu'il nous faut à tout prix chercher l'unité, d'abord, électorale, avec PG et PCF. Continuer dans ce chemin signifierait faire du NPA un partenaire mineur d'une nouvelle version de la gauche plurielle. Qui peut douter une seule seconde que le but du Front de Gauche est d'aller au gouvernement avec le PS ? Dans la pratique, le NPA deviendrait une force complètement inscrite dans le système politique institutionnel. Cela conduirait à une dégénérescence complète du projet politique d'une force anti-capitaliste de masse. Vidé de toute perspective révolutionnaire, le NPA serait alors une nouvelle force réformiste de gauche. Il faut ici rappeler le triste sort de Rifondazione Comunista, fortement enraciné dans les mouvements sociaux et dans la critique du système capitaliste qui a fini par participer au gouvernement néo-libéral de Prodi. Le projet de la direction actuelle de faire coexister au sein du NPA révolutionnaires et réformistes grâce à des formulations ambiguës, à des pirouettes verbales que chacun peut interpréter comme il souhaite est vouée à l'échec. Au premier tournant de la lutte de classe, cette unité fictive volera en éclat. De même, se focaliser sur les enjeux électoraux est bien étrange pour un parti qui veut un renversement de la société de classe actuelle. Qui peut penser qu'on pourra renverser le capitalisme à partir des exécutifs régionaux ? Les masses des travailleurs et des jeunes se soucient plutôt du chômage de masse, de la précarisation, des bas salaires etc. C'est pour cela que nous avons soutenu la plateforme B. Nous proposons de baser le parti non sur un électoralisme impuissant mais sur l'intervention dans la lutte de classe et sur un programme d'action, un programme d'urgence, comme ce que nous esquissons plus bas. Comment sortir de la paralysie ? Nous pensons que le NPA doit partir de ce qui fais sa force, avoir le courage d'assumer son anticapitalisme et son refus de la gestion du système actuel, ne pas avoir peur d'affirmer que « Une domination de classe ne peut pas être éliminé par voie de réformes. Les luttes peuvent permettre de la contenir, de lui arracher des mesures progressistes pour les classes populaires, pas la supprimer. En 1789, la domination de la classe privilégiée de l'Ancien Régime n'a pas été abolie par des réformes. Il a fallu une révolution pour l'éliminer. Il faudra une révolution sociale pour abattre le capitalisme. » Certes, aujourd'hui il y a seulement une minorité des travailleurs qui sont convaincus de la nécessité de la révolution. Il ne s'agit nullement de poser la question « réforme ou révolution » comme un ultimatum. Le but d'un parti comme le NPA est celui de regrouper les meilleurs militants ouvriers, les plus courageux activistes dans la jeunesse, les antiracistes, celles et ceux qui luttent contre l'oppression des femmes, des homosexuels. La base de ce regroupement doit être un programme d'action basé sur la méthode des revendications de transition, c'est-à-dire de revendications qui donnent une réponse aux besoins brûlants des travailleurs et des jeunes mais aussi qui les arment pour remettre en cause la domination du capitalisme sur la société toute entière. Cette unité-là, celle basée sur l'action et sur les luttes, est un objectif que nous devons chercher dans chaque mobilisation. Sans relâche, sur le terrain, dans les entreprises, dans les quartiers, nous devons proposer aux militants du PC, du PG mais aussi du PS, l'unité d'action contre les attaques du gouvernement et contre les effets de la crise capitaliste. Mais il s'agit d'une unité bien différentes de celles qui consiste à passer des simples accords électoraux avec les appareils des partis réformistes. De la même façon que l'unité des travailleurs en lutte pour défendre leur emploi est de nature complètement différente de l'unité des bureaucrates syndicaux qui s'accordent pour une journée d'action, bien espacée de la prochaine et sans lendemain. Remobiliser le parti autour d'un programme d'urgence contre la crise Le NPA doit être au centre de la lutte de classe et, au delà, le moteur de la construction d'un parti révolutionnaire et pour la prise du pouvoir par la classe ouvrière. Le NPA peut et doit jouer un rôle crucial dans le mouvement contre l'austérité et pour stopper net les attaques contre les retraites. Notre tendance doit se baser sur une proposition forte, une solution ouvrière à la crise actuelle du capitalisme. Notre étendard doit être le mot d'ordre : « Nous ne paierons pas pour leur crise ! » A la base de cette mobilisation nous devons proposer un programme d'urgence pour repousser les attaques de l'état et du patronat et donner une réponse aux besoins quotidiens des travailleurs, des chômeurs et des précaires. La retraite à taux plein à 60 ans pour tous. Pas de retraite au dessous du SMIC. Grève avec occupation des toutes les usines qui ferment. Pas un seul licenciement. Construisons la solidarité active avec nos camarades en lutte. Nationalisation sans indemnité ni rachat de toutes les banques et de toutes les entreprises qui licencient, sans indemnité et sous le contrôle ouvrier. Augmentation de salaire de 300 € pour tous, tout de suite. SMIC à 1500 € net. Stop à tous les plans de privatisation des services publics ainsi que les fermetures d'hôpitaux. Aucune suppression de postes dans l'Education Nationale. Arrêtons la privatisation rampante de l'université avec la LRU. Renvoyons la réforme des lycées là où il faut : à la poubelle ! Un plan d'urgence sous le contrôle des travailleurs pour construire des HLM, des écoles et des hôpitaux. Réquisition de tous les logements vides. Augmentation massive des impôts pour les riches et pour les grandes entreprises Imposons la fin de la précarité. Transformons tous les CDD et autres intérims en CDI. Des papiers pour tous nos camarades immigrés ! Abrogation de toutes les lois racistes. Ouverture des frontières. Non à la guerre impérialiste ! Retrait immédiat des troupes françaises d'Afghanistan, du Liban, d'Afrique. Arrêtons la catastrophe climatique ! Fermeture des usines polluantes. Le nucléaire n'est pas une solution : non à une nouvelle génération de centrales nucléaires ! De l'auto-organisation à la prise du pouvoir Les luttes récentes (Total, éducation, santé), les mobilisation de 2009 contre les effets de la crise ont montré qu'une partie des travailleurs est prête à en découdre pour défendre ses postes de travail, pour l'augmentation des salaires, contre les attaques. D'autres luttes de ce type vont sans doute surgir dans les prochains mois. C'est à nous de faire en sorte qu'elles ne restent pas isolées. Dans toutes les villes nous pouvons former des comités de résistance. Par cela nous pouvons construire des liens de solidarité entre travailleurs de plusieurs sites et avancer vers une lutte d'ensemble. Nous devons faire en sorte que toutes ces luttes se généralisent dans un mouvement de masse et exigent une série de mesures d'urgence contre les plans sociaux et le chômage de masse. Nous devons exiger des syndicats qu'ils appellent à la grève générale pour stopper tout plan d'austérité. Mais nous devons aussi être prêts à organiser cette grève par nous mêmes, par la base, si les bureaucrates ne sont pas prêts à le faire ou, pire, s'ils boycottent le mouvement. Il est nécessaire que le NPA se dote des moyens pour peser dans les mouvements et empêcher que les directions nationales des syndicats jouent toujours le rôle de frein, voire pire. Dans chaque lutte, nous devons nous battre pour une direction démocratique, élue et révocable par la base dans les AG. Chaque site en lutte doit élire son comité de grève. Dans toute les luttes d'ampleur nous devons proposer des coordinations nationales, seules à pouvoir diriger démocratiquement le mouvement ainsi qu'à mener les négociations. Les syndicats actuels, divisés, faibles numériquement et complètement dominés par une bureaucratie réformiste, sont loin de l'outil nécessaire pour défendre les travailleurs et arracher des nouveaux acquis. Il faut transformer radicalement les syndicats et en faire un outil de la lutte de classe et non celui de la cogestion du système. Pour cela il faut une syndicalisation de masse, l'abolition des privilèges des bureaucrates syndicaux et la construction d'un mouvement intersyndical de lutte de classe. Le but de notre intervention sera celui de remettre un programme de lutte de classe et la démocratie ouvrière comme piliers des syndicats, et non les méthodes bureaucratiques et la gestion du système capitaliste. Dans toutes les luttes, notre but ne doit pas être simplement celui d'aider et accompagner le mouvement. Notre ambition est celle de donner aux luttes, aux grèves, aux mouvements une direction alternative à celle du réformisme. Nous voulons nous engager avec les travailleurs en lutte dans la voie d'une contestation radicale du système. A terme nous voulons construire un parti révolutionnaire de masse pour le renversement des rapports de propriétés capitalistes et la destruction de l'état bourgeois avec toutes ses structures répressives. Du NPA à l'Internationale La crise actuelle démontre clairement que les attaques néo-libérales sont coordonnées au niveau européen. Réduction des salaires, augmentation de l'âge de la retraite, attaques contre le services publics, augmentation de la TVA : en Grèce, Espagne, Portugal, France, ..., partout les mêmes attaques. En fait la bourgeoisie européenne dispose de multiples organismes pour coordonner son action : commission européenne, BCE, réunions bilatérales etc. En face, la classe ouvrière n'a aucune organisation à l'échelle internationale à la hauteur. Face à l'ampleur des attaques, il est urgent de coordonner la résistance au niveau européen et au delà. Par exemple, il est clair qu'un mouvement européen de la classe ouvrière contre l'austérité pourrait être beaucoup plus efficace qu'une riposte en ordre dispersé, pays par pays. Le NPA doit jouer un rôle crucial dans cette direction. Nous devons donc prendre les devants et lancer un appel à tous les anticapitalistes conséquents, à tous les militants contre la guerre impérialiste et la mondialisation. Le premier pas devrait être de convoquer des conférences ouvertes à tous ces militants anticapitalistes européens dans le but non seulement de discuter comme dans le Forum Sociaux mais aussi de prendre ensemble des décisions (manifestations, campagnes internationales), d'organiser ensemble une campagne ouvrière contre l'austérité et de marcher ensemble vers une nouvelle Internationale de la classe ouvrière et de ses alliés. Il ne s'agit, contrairement à d'autres initiatives, de simplement rassembler quelques vedettes du réformisme de gauche pour de vagues déclarations communes. Il nous faut des meetings de masse, une élaboration commune d'un plan ouvrier contre la crise et des moyens pour le mettre en place. mai 2010. Vous pouvez nous écrire à contact @ cinquiemeinternationale.org | |||||||||||||