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Austérité, attaques, chômage, précarité : un mouvement d'ensemble contre les attaques !

Depuis 2007, le capitalisme mondial est rentré dans la pire crise depuis la Deuxième Guerre Mondiale. Même les journalistes bourgeois s'accordent pour parler de crise du système. Pris à la gorge par la baisse du taux de profit, les capitalistes ont tenté une fuite en avant avec la création d'une somme monstrueuse de titres financiers et d'argent virtuel. Ce château de carte financier s'est écroulé. Aujourd'hui ce système odieux ne peut pas survivre sans attaquer touts les acquis de la classe ouvrière, des services publics, les heures de travail, le Code du travail, les retraites etc.

La Grèce nous montre ce qui nous attend : dans un des pays où le niveau de vie des travailleurs était un des plus bas de la zone Euro, des licenciements massifs dans le public et le privé, la privatisation de tous les services publics, des baisses de salaires généralisées qui frappent encore plus les jeunes. Tout ça dans quel but ? Pour sauver les pays ? En fait il s'agit avant tout de sauver les intérêts de grands capitalistes grecs, comme les armateurs, qui échappent totalement à l'impôt. L'Église grecque, un des plus riches propriétaires fonciers du pays, se porte elle aussi bien. En poussant un pays entier vers la misère, Sarkozy et Merkel protègent avant tout les intérêts de grandes banques françaises et allemandes et autres spéculateurs qui ont investi dans la dette publique grecque.

Ces attaques se généralisent aux autres pays européens : Portugal, Espagne, Italie etc. La perte du triple A de la France annonce une série de mesures similaires en France pour rembourser la dette, c'est-à-dire les spéculateurs français et étrangers. Avec les attaques contre les retraites, le droit de grève, les universités, l'Éducation Nationale, la santé, Sarkozy a déjà mis en ouvre une partie de ce programme contre les travailleurs, mais le pire reste devant nous.

Il est significatif que le programme des trois candidats Sarkozy, Hollande et Bayrou soit presque identique sur la question de rembourser la dette et de revenir à un déficit de 3 % en trois ans, l'équivalent d'une coupure de 100 milliards dans le budget de l'Etat. Si Sarkozy a annoncé clairement la couleur avec ses menaces contre les 35 heures, contre la Sécurité sociale par la TVA dite « sociale », avec ses valeurs profondément réactionnaires, Hollande se positionne sur une ligne semblable : il assume la rigueur à laquelle il veut donner un « sens », rassure les investisseurs internationaux, ne reviendra pas en arrière sur la reforme des retraites. Même les quelques promesses qu'il fait, comme les 60 000 postes dans l'Education Nationale, seront obtenues avec la suppression d'autres postes dans d'autres administrations.

La bourgeoisie européenne utilise aujourd'hui la crise pour une attaque contre nos droits, notre niveau de vie, nos salaires, les services essentielles comme l'education, les transports et la santé. Il s'agit d'un gigantesque transfert d'argent des travailleurs vers les banques, les financiers et les capitalistes. Si nous nous laissons faire, notre futur a un nom : la précarité, le chômage, les doubles journées de travail, la survie.

Voilà pourquoi nous devons utiliser la campagne électorale pour organiser un mouvement d'ensemble des travailleurs pour une autre solution à la crise. Il faut établir un programme d'urgence pour satisfaire nos besoins élémentaires et prendre l'argent des riches, des banques et des capitalistes pour le faire. Nous ne pouvons pas faire confiance à nos direction traditionnelles. Hollande sera le président de l'austérité et Melenchon et le Front de Gauche se préparent à l'accompagner dans cette tâche. Malgré leurs phrases ronflantes, ils appuient déjà aujourd'hui le PS dans les conseils régionaux et généraux. Dans le passé, Mélenchon et le PCF ont participé au gouvernement Jospin qui a privatisé et attaqué les travailleurs. Die Linke, organisation modèle pour le PG, gère l'austérité avec les sociaux-démocrates allemands dans les régions allemandes.

Nous devons aussi réagir face aux discours basés sur la préférence nationale, dont le seul but est de recréer une union sacrée entre nous et la bourgeoisie. Non, nous n'avons pas d'intérêt commun avec une classe qui nous exploite. Dans le même sens vont les attaques contre les immigrés, comme si la crise c'était due à l'immigration. C'est faire passer des victimes du système pour les responsables. Nous devons empêcher que Marine Le Pen continue de diffuser le terrible poison du racisme dans nos rangs.

La résistance du peuple grecque, mais aussi l'exemple des révolutions en Afrique du Nord nous montrent l'exemple à suivre. Quand les travailleurs, les jeunes, les femmes n'en peuvent et ne veulent pas continuer à subir, quand ils et elles descendent dans la rue, tout devient possible à condition de savoir clairement où aller et de garder le contrôle démocratique, par la base, sur notre mouvement. En particulier nous devons tirer le bilan du mouvement des retraites de 2011 et de son échec. Seule la grève générale pourra stopper net les attaques et changer le rapport de force. Nous devons exiger de nos dirigeants syndicaux qu'il déclarent sans ambiguïté la mobilisation générale et la grève illimitée avec occupation des usines.

Voilà pourquoi, tout en critiquant son programme du NPA et de son candidat Poutou, nous appelons à un vote pour ce candidat. Aujourd'hui, le NPA peut servir comme point de ralliement et d'organisation pour tous ceux qui veulent se regrouper et lutter contre l'austérité annoncée à condition de mettre au centre de son programme un programme d'action clair et de mettre au service de ce projets ses forces militantes.

Dans ces élections, le but des révolutionnaires n'est pas de faire un score ni de préparer un bloc anti-crise confus et réformiste, mais de faire émerger le début d'un mouvement d'ensemble pour en finir avec les attaques et au delà pour imposer le pouvoir des travailleurs, basé sur des conseils ouvriers.

Mars 2012

Vous pouvez nous écrire à contact @ cinquiemeinternationale.org