La 5e internationale

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Qu'est-ce que la Ligue pour la Cinquième Internationale ?

Il s'agit d'une une organisation communiste révolutionnaire. Le programme « De la résistance à la révolution » et les positions dans la lutte de classe sont fondés sur les œuvres de Marx, Engels, Lenine et Trotsky, sur les documents révolutionnaires des premiers quatre congrès de la Troisième Internationale et sur le Programme de Transition de la Quatrième Internationale. La Ligue pour la Cinquième Internationale (LCI) ne prétend pas être l’Internationale Révolutionnaire : il s'agit d'une tendance révolutionnaire internationale formés de groupes qui luttent pour construire une telle internationale.

La dernière Internationale révolutionnaire (la Quatrième) s’est effondré dans les années 1948-51. La LCI s’engage à lutter contre le centrisme des fragments dégénérés de la Quatrième Internationale et à aider à la construction d’une Cinquième Internationale et du nouveau parti mondial de la révolution socialiste. Si tu as une conscience de classe, si tu es un militant anticapitaliste, si tu es internationaliste, rejoins-nous !

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Soutien à l'auto-défense des travailleurs contre le gouvernement de Kiev et ses alliés fascistes

La classe ouvrière ukrainienne n'a aucune raison de regretter la chute de Viktor Yanoukovitch ou de ses ministres. Sa répression brutale le 30 novembre 2013 d'une occupation pacifique de la place de l’Indépendance en utilisant les forces spéciales Berkout a déclenché un mouvement qui l'a finalement renversé. Ensuite, le 20-21 février, les snipers de la police ont ouvert le feu de façon indistincte contre les forces d'Euromaidan, tuant une centaine de personnes. Cela a rendu sa chute inévitable et méritée. Toutefois les crimes de Yanoukovitch ne doivent pas pousser les travailleurs et les communistes en Ukraine ou ailleurs à soutenir les forces qui l'ont renversé et remplacé. Il ne s'agissait pas d'une insurrection dont l'objectif principal était la démocratie et la justice sociale. Elle était dirigée par des groupes fascistes et a porté au pouvoir des hommes politiques néolibéraux de droite dont l'objectif est de subordonner l'Ukraine à l'impérialisme de l'Union Européenne et de soumettre le pays à un programme de « reformes » qui frappera les masses des travailleurs et des chômeurs déjà paupérisés. De plus, s'il gagne, il mènera à l'oppression nationale de ceux qui ne partagent pas la version russophobe et droitière du nationalisme ukrainien. Ce gouvernement n'a pas seulement des ministres fascistes mais il dispose désormais d'une force de police et de gangs fascistes qui répriment ceux qui ne reconnaissent pas sa légitimité. De plus, ce gouvernement, suivant les conseils de Berlin et Bruxelles, provoquera la discorde civile et même la guerre civile, donnant un prétexte aux menaces d'intervention des forces russes et de l'OTAN. Au fur et à mesure que l'occupation de Euromaidan se développait, les forces les plus progressistes, étudiants, anarchistes et syndicalistes, qui croyaient que « l'Europe » signifiait plus de démocratie et plus de prospérité, se sont retrouvés marginalisées et exclues par les forces de droite. Les nationalistes de droite qui méprisent la Russie et « l'Est » ont réussi à dominer Maidan et les milices fascistes, notamment Pravy Sector (Secteur droit), le contrôlent. Le mouvement en conséquence est devenu bien plus russophobe, en soulignant les dangers de l'impérialisme russe et utilisant des mots d'ordre nationalistes réactionnaires. Cela a inévitablement aliéné les larges secteurs russophones de la population qui ne s'identifient pas avec l'UE. Les dirigeants menacent déjà de punition ceux qui rejettent le régime illégitime. Ces craintes ont été confirmées quand la Rada (parlement) après épuration, dans un des ses premiers actes, a annulé une loi qui donnait aux russophones dans les régions où ils sont majoritaires le droit d'utiliser leur langue. Clairement, il ne s'agit pas d'une révolution démocratique comme le Printemps Arabe. Il a plutôt un caractère contre-révolutionnaire. Les richissimes oligarques ukrainiens, loin d'avoir été chassés du pouvoir, changeront simplement de côté et, appuyés par l'Union Européenne, feront payer aux travailleurs la crise économique du pays. Les travailleurs grecs peuvent témoigner de quoi il s'agit. Bien que la situation dramatique de l'Ukraine soit en grande partie due à la crise capitaliste mondiale, elles est due aussi au pillage par les oligarques de leur propre pays sous les deux derniers présidents. Ce néolibéralisme corrompu a continué de plus belle sous le régime installé par la révolution Orange de 2004-2005 et cela a mené à une claire défaite des nationalistes de droite dans les élections de 2010. Des élections qui ont été considérées libres et correctes par l'UE et les États-Unis, les mêmes qui ont aidé et soutenu ce coup d'état.

Le caractère du régime contre-révolutionnaire

Le nouveau gouvernement, élu par la Vrkhovna Rada le 28 février, un parlement d'où plus de cent membres du parti des régions de Yanoukovitch ont fui, a été présenté à Maidan pour approbation. Le gouvernement est maintenant dirigé par le Président Oleksandr Tourchinov et le Premier Ministre Arseniy Yatseniuk de l'Union Pan-Ukrainienne « Patrie ». Oleksandr Sych, dirigeant du parti fasciste Svoboda, a été nommé adjoint Premier Ministre et deux autres membres de Svoboda ont des postes ministeriels. Oleg Mokhnytsky, un député de Svoboda, est à la tête du cabinet du procureur général, dirigé par Oleh Tyahnybok. Svoboda n'est pas un parti minoritaire. Il a 36 députés et pourrait augmenter son score dans les élections de mai. Il s'agit d'un gouvernement néolibéral mais avec des ministres fascistes, approuvé par les États-Unis et l'Union Européenne (les « impérialistes démocratiques »). Plus important encore que ces postes ministériels est le fait que les diverses milices fascistes ont purgé les forces de polices et noué des liens avec ces forces dans les plus grandes villes de l'Ukraine de l'est et du centre. Ils sont les plus solides agents du nouveau régime. Avec le soutien de Vitali Klitschko qui dirige Oudar (le coup de poing) le gouvernement Yatseniouk fera tout son possible pour satisfaire ses soutiens à Berlin, Paris et Washington. Il s'empressera de signer l'accord d'association avec l'UE dont la suspension a déclenché tout le mouvement. Certains dans le mouvement croyaient naïvement que l'accord signifiait une aide massive de la Banque Centrale Européenne et du FMI pour soutenir une économie qui selon le nouveau gouvernement est « au bord du gouffre ». En effet, l'économie ukrainienne a besoin de 35 milliards de dollars seulement pour ses besoins financiers immédiats cette année. Mais les prêts du FMI et de la BCE ne viennent pas avec des liens mais avec des lourdes chaînes. Le nouveau Premier Ministre a déjà évoqué les mesures impopulaires qu'il introduira et affirme que ses ministres forment un cabinet voué au suicide politique. Les réformes que le FMI demande comme condition pour le prêt signifient que la devise ukrainienne subira une inflation galopante : les salaires réels, déjà très bas par rapport à la Russie, tomberont encore plus bas. L’Accord de Libre Échange commencera rapidement à détruire l'industrie et la distribution ukrainiennes, incapables de soutenir la concurrence étrangère. Les réformes structurelles se traduiront par des fermetures d'usines et la perte d'emploi massive dans un pays qui manque de l'infrastructure sociale pour aider ceux qui seront licenciés. Les grands secteurs industriels de l'économie dans l'Ukraine de l'Est, la sidérurgie, le charbon et la construction mécanique sont largement liés au marché russe. Ils pourraient s'effondrer complètement. Cela pourrait être plus probable si les rapports avec la Russie se dirigent vers un gel total, et si les liens commerciaux seront rompus. Cela pourrait s'accélérer si Poutine ferme le robinet du gaz et du pétrole, que l'Ukraine ne peut pas payer. Une guerre économique entre Russie et UE est loin d'être exclue, spécialement si l'UE continue son avancée géo-stratégique et met le pied dans le terrain militaire en offrant à l'Ukraine d'entrer dans l'OTAN. Ainsi la politique économique du nouveau régime, si elle est mise en ouvre, signifie des attaques très dures contre les travailleurs ukrainiens à l'ouest comme à l'est. Toutefois les dangers les plus imminents sont politiques et sont liés à la contre-révolution politique. Dans les rues, les fascistes, qui ont fusionnés dans les régions de l'ouest avec la police qui s'est jetée dans leurs bras, seront les troupes de choc utilisées par le nouveau gouvernement contre les travailleurs de l'Ukraine du sud et de l'est s'ils résistent. La lutte pour éloigner la menace fasciste est donc urgente. Faire profil bas pour préserver la paix nationale et l'unité ne servira à rien. La pacifisme ne pourra qu'encourager les crimes fascistes. L'expérience du fascisme dans l'histoire et dans d'autres pays montre que la classe ouvrière ukrainienne paiera un lourd tribut si elle attend passivement une offensive nationaliste et fasciste généralisée. Elle doit organiser des forces de défense et réprimer par la force les premiers signes des tentatives fascistes de mettre les rues sous contrôle.

La crise de la direction ouvrière indépendante

Le problème principale devant les travailleurs ukrainien est la profonde crise de direction dans ses rangs. Selon ses propres estimations, la gauche révolutionnaire est très faible : les forces anarchistes et syndicalistes sont politiquement confuses et ont oscillé entre la participation au mouvement (certains ont été absorbés dans les forces de la « révolution nationale ») et adopter une position « neutre ». Un problème beaucoup plus profond est constitué par les effets de deux décennies de restauration du capitalisme par les oligarques, leur domination sur les principaux syndicats et leur bureaucratie et le rôle du Parti Communiste d'Ukraine, un parti stalinien. Cela a largement effacé les expériences de résistance de masse et des grèves dans les années 1980 et 1990. Ce lourd héritage de défaite et subordination à « leurs » oligarques, surtout à l'est, explique pourquoi la classe ouvrière est restée passive depuis l'explosion de la protestation il y a trois mois. Ce fardeau de défaites historiques pèse lourd dans la préparation des tâches de la classe ouvrière dans les semaines et les mois qui viennent. Il est compréhensibles que les travailleurs ont peu ou pas d'enthousiasme pour Yanoukovitch ou le parti de Ioulia Timochenko. Il était improbable que Klitchko, qui a vécu longtemps en Allemagne et qui est un protégé de Angela Merkel et de son parti Chrétien Démocrate, puisse attirer les travailleurs. Depuis que les forces fascistes de Svoboda et de Pravy Sektor ont pris la tête des luttes en déployant les icônes de Stepan Bandera, antisémite et génocidaire, la non participation des travailleurs était encore plus compréhensible. Toutefois, l'abstention, dans une situation où les contre-révolutionnaires et les réactionnaires sont à l'offensive, n'est pas une solution. Ce qu'il fallait n'était pas de soutenir Euromaidan mais une mobilisation indépendante de la classe ouvrière pour la justice sociale et des salaires décents, contre la corruption et le pillage des oligarques, pour une opposition à la fois contre le Traité avec l'UE et contre l'accord de Yanoukovitch avec Poutine. Cela signifiait aussi la revendication des droits démocratiques : l'abolition de la présidence, une nouvelle constitution et une Assemblée Constituante pour en débattre ainsi que de débattre de la base économique et sociale pour le pays. Bref, la classe ouvrière aurait dû prendre une position indépendante et utiliser son poids social de masse pour arrêter et vaincre les brutalités des deux camps. L'argument de certains dans la gauche ukrainienne, et d'un plus grand nombre de « révolutionnaires » occidentaux, qu'on ne pouvait pas faire quoi que ce soit excepté attendre et faire de la propagande afin de pouvoir défier l'hégémonie idéologique de la droite dans les prochaines années et décennies, est un conseil de désespoir. Même si la résistance active contre le nouveau régime serait battue, cela ne serait pas le pire résultat. L'échec à monter une résistance à la contre-révolution, comme l'a montré l'Allemagne en 1933, représente une défaite bien plus grave. Même maintenant, à l'onzième heure, les vrais révolutionnaires devraient lutter pour en finir avec la passivité, pour une rupture claire avec les oligarques à l'est et contre la confiance dans les forces de l'état dans ces régions. Encore plus ils devraient s'opposer à des appels à Poutine pour qu'il intervienne. Ils devraient affirmer que la classe ouvrière reste la seule force sociale avec la force numérique et sociale capable de stopper les attaques du gouvernement illégitime et de ses milices fascistes et éviter de glisser dans une guerre civile. Les révolutionnaires doivent s'organiser au sein de la classe ouvrière pour créer un parti révolutionnaire des travailleurs, même sous le feu. Il doit suivre l'exemple de Lénine et des bolcheviques, très différent du monstre bureaucratique stalinien qui a gouverné l'Ukraine pendant un demi-siècle. Même si cela est difficile, ce n'est pas impossible. Même si ceux qui proposent une stratégie correcte n'arrivent pas à persuader les travailleurs de l'adopter à temps, ils pourront rentrer en contact avec les meilleurs militants quand ceux-ci s'apercevront que seulement cette stratégie-là aurait pu les conduire à la victoire. Tous ceux qui à gauche voient la nécessité de construire ce parti doivent s'organiser pour cette tâche et méritent d'être aidés et renforcés matériellement et moralement par tous les révolutionnaires internationalement. Dans ce contexte, nous soutenons l'appel de l'organisation socialiste ukrainienne Borotba pour une auto-défense organisée contre les attaques fascistes et pour que les militants communistes et les militants ouvriers rejoignent la résistance au nouveau régime, tout en s'opposant à l'influence réactionnaire du chauvinisme grand-russe dans ce mouvement et à toute intervention par Poutine.

Soutenir l'auto-défense ouvrière et la résistance

La classe ouvrière doit maintenant agir pour se défendre contre une double menace : la menace immédiate vient du gouvernement réactionnaire et des brigades fascistes qui ont remplacé les forces de polices ou ont fusionné avec elles et ont été envoyées vers l'est. La tâche urgente est de former des milices ouvrières sous le contrôle de conseils ouvriers pour mobiliser contre le gouvernement de Kiev ou une attaque fasciste. La deuxième menace est la destruction de l'industrie de l'est, qui donne de l'emploi d'une grande partie de la société ukrainienne. Ces usines seront confrontées à la fermeture et jugées « bonnes pour la casse » quand les experts néolibéraux de New York et Berlin se mettront à l’œuvre. Les usines, dont la production était la base pour les privilèges des bureaucrates et qui ensuite ont été privatisées par les oligarques, doivent être occupées contre toute tentative de fermeture. Elles doivent être placées sous contrôle ouvrier et, comme revendiquent les travailleurs de Tuzla en Bosnie, être renationalisées. Sous une planification démocratique des travailleurs et de la population elles peuvent être développées pour fournir de l'emploi et une production selon les besoins de la classe ouvrière : logements, santé, environnement, éducation et les moyens pour une régénération culturelle et sociale. Si les travailleurs sont en colère en voyant le palais de Yanoukovitch et son luxe, il ne faut pas oublier que tous les oligarques ukrainiens et les dirigeants politiques vivent dans un tel luxe. Avec les richesses pillées en Ukraine, il se sont acheté des manoirs à Londres, Berlin et sur la Riviera. Les travailleurs doivent s'intéresser aux origines de ces richesses : les bas salaires et les terribles conditions de vie ainsi que la dégradation des services sociaux et de l'industrie. Des commissions d'enquête par les travailleurs doivent être établies pour enquêter sur les conditions de vie et l'état de l'industrie, en démasquant la corruption qui a ravagé le tissu économique de la société. Il faut ouvrir les comptes à l'enquête publique. Il faut remettre le contrôle des usines aux travailleurs qui n'ont aucun intérêt à les détruire, mais plutôt à les intégrer dans un plan de production socialement utile. Une partie essentielle de ce programme doit être un appel aux travailleurs de l'ouest, en particulier à Londres, en France et en Allemagne, à enquêter pour savoir où ont été cachées les richesses amassées par les oligarques, dans les comptes bancaires ou l'immobilier de luxe. Il faut enraciner la résistance au nouveau régime là où la classe ouvrière est organisée : dans la production, le transport et la distribution, où les travailleurs ont le potentiel d'arrêter de travailler et donc donc de produire les richesses des oligarques. Des comités de travailleurs dans les usines et les quartiers doivent fournir la base de conseils d'action, réunissant aussi des délégués des chômeurs, des jeunes et des retraités. Des délégués responsables devant leurs électeurs et révocables si nécessaires, peuvent organiser l'auto-défense collective indépendante des troupes russes et de l'appareil d'état, et surtout débattre de la réponse ouvrière à la crise. L'auto-organisation de la classe ouvrière basée dans la sphère de la production, exprimée dans les décisions politiques collectives des conseils ouvriers, mettra les revendications sociales à l'ordre du jour, et soulèvera la question de qui doit diriger le pays, et dans quels intérêts. La formation de ces assemblées démocratiques et des conseils ouvriers est la seule façon par laquelle les travailleurs eux-mêmes peuvent arriver à agir dans leurs intérêts et débattre et se mettre d'accord sur une stratégie de résistance. Si la Rada contre-révolutionnaire essaye d'imposer son pouvoir, la classe ouvrière doit utiliser son arme la plus puissante, la grève générale, qui paralysera la machine économique et donc les profits des oligarques, suspendra les fonctions de l'état et posera la question du pouvoir. Dans un pays où le gouvernement est faible et des formes de dualité de pouvoir peuvent se développer, les travailleurs doivent lutter pour créer leur forme de pouvoir et d'auto-défense. Ils ne doivent pas accepter le pouvoir des oligarques régionaux qui n'ont pas encore rejoint le régime de Kiev. Les travailleurs doivent s'emparer des armes pour se défendre. Ils doivent faire ce que les fascistes ont fait, ouvrir les dépôts d'armes des commissariats et des casernes. Ils doivent gagner des secteurs de forces d'état et lutter avec elles pour défendre leur communautés. La grève générale ne pose pas une alternative entre telle ou telle autre fraction de la classe dominante, mais entre le capital et le travail, entre ceux qui produisent toute la richesse matérielle et culturelle de la société, et ceux qui vivent une vie de parasites, s'engraissant grâce au pillage. Pour cela la classe ouvrière dans les régions industrielles doit faire campagne auprès de l'armée et de la police pour qu'elles donnent les armes au peuple et doit élire des conseils ouvriers dans les entreprises et dans les quartiers. Des comités de soldats doivent être organisés dans l'armée pour gagner les soldats de base à la cause du pouvoir ouvrier. Les conseils ouvriers doivent faire le lien autant que possible entre est et ouest, en faisant cause commune pour la défense d'une Ukraine unie, et contre l'intervention de toutes les puissances impérialistes, non seulement l'UE, qui a pour l'instant gagné une manche, mais aussi la Russie. Il est possible que des « volontaires » russes d'extrême droite, ou même les forces spéciales de Poutine, puissent commencer à arriver en nombre significatif. Naturellement, il est possible que des volontaires révolutionnaires aillent porter secours de leurs frères et sœurs ukrainiennes, mais le faire sous le drapeau du chauvinisme grand-russe, ou même du fascisme, n'aiderait pas mais affaiblirait irréparablement la cause. Il rendrait plus difficile de gagner l'unité de classe avec les travailleurs de l'ouest du pays.

Contre le nationalisme

La croissance du sentiment ultra-nationaliste en Ukraine doit être compris dans son contexte historique et dans l'actualité. Les crimes du stalinisme, en particulier la déportation de masse des Tatars de Crimée, l'élimination du droit d'auto-détermination et les purges de tous les courants du nationalisme politique et culturel, ont laissé un lourd héritage. La réhabilitation du fasciste Stepan Bandera par le régime de Youtchenko, porté au pouvoir par la soi-disant « Révolution Orange », doit être compris dans le contexte de la lutte principale de son Armée Insurgée Ukrainienne, qui était contre le pouvoir des Bolchéviques « Moscovito-Juifs ». Dans sa collaboration avec les nazis, ses forces ont participé au nettoyage ethnique de dizaines de milliers de polonais et l'extermination de plus d'un million de juifs ukrainiens. D'autre côté, les crimes du stalinisme pendant la famine, provoquée artificiellement au début des années 1930, et la Grande Purge, sont les prétextes utilisés par les forces fascistes et néo-bandéristes. Le fait que les tatars de Crimée ont rejoint les manifestations nationalistes sous le mot d'ordre « Gloire à l'Ukraine » n'est pas une surprise, vu que les chauvinistes russes chantent les louanges de Staline, l'homme qui expulsé leur communauté de la péninsule et les a déportés en Asie Centrale. Toutefois, alimenter ou raviver le nationalisme peut mener seulement à un désastre semblable à celui qui a frappé les pays et les peuples de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990. A l'époque de l'impérialisme, aucune idéologie nationaliste peut jouer un rôle progressiste, à moins d'être l'expression organique d'un mouvement contre l'oppression nationale existante. Toutefois, les revendications pour l'indépendance ou la séparation, plus fortes dans l'ex-province russe de Crimée, ne sont pas la solution pour les Criméens ou pour les travailleurs de Kharkov et de la région industrielle dans le bassin du Don. Cette « indépendance » ne pourra être garantie que par les troupes russes, c'est-à-dire ne sera pas une indépendance du tout. Cela pourrait déclencher une guerre semblable à celle horrible qui a déchiré l'ex-Yougoslavie. Les travailleurs ukrainiens doivent lancer un appel à leurs camarades en Russie, Pologne, l'UE mais aussi les travailleurs révolutionnaires de Bosnie, pour qu'ils les soutiennent dans leur lutte pour maintenir une Ukraine indépendante, unie sans privilège spécial pour un groupe ethnique ou langue. Ils doivent se poser l'objectif de dénoncer et arrêter la super-exploitation par tous les capitalistes. Évidemment les puissances impérialistes ne veulent pas activement une guerre civile en Ukraine, notamment parce qu'elles ne veulent pas désorganiser le flux du gaz russe à travers les gazoducs. Mais les gouvernants de l'Europe ne voulaient pas non plus activement la Première Guerre Mondiale, ou plus récemment, les guerres qui ont fait exploser l'ex-Yougoslavie. Néanmoins, leurs rivalités et la lutte pour établir un avantage économique et géo-stratégique sur leurs rivaux les ont menés à des actions qui ont produit des guerres destructives. C'est la situation qui pourrait se développer rapidement en Ukraine dans les mois et les années à venir. L'histoire sanglante de l'Europe sous le joug de l'impérialisme montre que les dirigeants impérialistes, « démocratiques » ou pas, ne jugent pas toujours correctement les conséquences ultérieures de leurs décisions immédiates. Éviter une guerre civile de type yougoslave, ou encore pire un conflit européen généralisé si la Russie devait intervenir, et préserver une Ukraine unie, indépendante des impérialistes rivaux, nécessite l'intervention de la classe ouvrière et sa prise de contrôle du pays. Seulement le pouvoir ouvrier peut stopper les fascistes et les nationalistes des deux groupes ethniques et leurs soutiens étrangers avant qu'ils déchirent le pays.

Ni Moscou ni Berlin - pour l'internationalisme des travailleurs

Cela signifie que la défense de l'intervention des travailleurs en Ukraine doit venir d'abord des travailleurs de Russie, d'Allemagne, de la France et du reste de l'Europe, qui n'ont absolument aucun intérêt à ce que les impérialismes en compétition se mettent d'accord pour enchaîner les travailleurs ukrainiens. Contre la politique du désespoir la réponse vient de l'esprit véritablement démocratique et internationaliste de la protestation bosniaque. « A bas le nationalisme ! » est le mot d'ordre dans les rues pendant qu'ils luttent pour toutes les nationalités dans leur pays contre l'austérité et l'inégalité. L'unité des travailleurs et des pauvres de toutes les nationalités contre les haines nationales, contre l'austérité et contre le capital. Là est l'espoir pour l'Ukraine. Les partis bourgeois nationalistes ont pris le pouvoir par un coup anti-démocratique, en utilisant les paramilitaires fascistes et les forces de polices révoltées. Les travailleurs doivent dire haut et fort qu'ils ne reconnaissent pas la légitimité du gouvernement, ses ordres, les lois et les décisions de la Rada contre-révolutionnaire. Ils doivent demander les démissions du gouvernement, la dissolution de la Rada et la préparation d'élections libres pour une Assemblée Constituante. Ainsi, la classe ouvrière doit demander que l'armée et la police consignent les armes aux syndicats pour qu'ils les distribuent, et doivent créer des conseils ouvriers dans les usines et dans les quartiers. Si les forces de sécurité à l'est ou à l'ouest refusent cela, alors les travailleurs doivent essayer de les prendre pour eux. Cela mènera sans doute à des confrontations avec les fascistes et les forces de police, mais l'alternative est de laisser le monopole de la force dans les mains des nationalistes et des fascistes, qui ont déjà démontré ce qu'ils entendent faire. Les conseils ouvriers doivent faire le lien autant que possible entre est et ouest, en préparant ensemble la défense d'une Ukraine unie contre l'intervention de toutes les puissances impérialistes. Les travailleurs de l'est sont actuellement dans une position plus forte pour lancer cet appel aux travailleurs de l'ouest, parce qu'ils ne font pas face à l'intimidation par les fascistes organisés et armés. L'effort d'organiser des conseils ouvriers démocratiques pour exercer les fonctions administratives là où les bâtiments du gouvernement ont été occupés par les fascistes, les nationalistes ou les forces du régime de Yanoukovitch, doit être défendu par les travailleurs armés. La classe ouvrière ne doit pas attendre l'intervention de l'extérieur par la Russie, ni permettre que le nouveau régime réactionnaire et non-démocratique consolide son pouvoir avec les élections du 25 mai, tenues sous la menace des fusils. Elle doit préparer une grève généralisée contre le nouveau régime : le mouvement de Maidan n'a pas organisé aucune grève significative et il est clair que cela reste très difficile à organiser. Néanmoins, c'est le seul moyen pour constituer le front des travailleurs contre tous les courants des capitalistes. Les travailleurs de Russie, de Pologne et des autres pays de l'UE doivent soutenir la lutte pour maintenir une Ukraine indépendante et unie, sans oppression ethnique. La lutte doit continuer pour démarrer le processus d'abolition de l'exploitation par tous les capitalistes et en particulier pour détruire les organisations fascistes. Son mot d'ordre doit être une Ukraine unie et socialiste comme partie des États Unis Socialistes d'Europe

 

 

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